‹ ThéâtreChapitre 69 sur 238 · ONE GRANDE SALLE DE LÀ MAISON DE VILLE · texte numérisé non relu

ONE GRANDE SALLE DE LÀ MAISON DE VILLE

SICKLNGEN, GŒTZ; la maison de ville est occupée par les cavaliers da

Sickingen.

GŒTZ

Ce secours me tombe du ciel. Comment t'y es-tu donc pris pour arriver si à propos et si inopinément, beau-frère?

A<:r!. IV. m

<|(,KiN(;i:N.

Sans aucune sorrelloiic .l'avais (!''pc(li(' deux ou liois liomnit's jiour iiut doimer df les nouv Iles. J'apprends leur trahison, je nie mets en niaieiie, et voilà!

Je ne demande que h prison de rhcvalicr.

SICKINf.EN.

Tues trop loyal! ne pas te picvîdoir des avantages que riiomme franc a sur des- tiaîfies ! Ils sont dans leui tort, n'allons-noiis pas leur venir en aide? ils ont indignement abnsé de> oi-(li-t sde rcmpcrcui-, et ;inlanl que je couiiiis Sa M;ije>té, tn i)eux hardiment exiger mieux (jue cela ; c'est trop peu.

CŒTZ.

Jusqu'ici je me suis toujours conlenlé de hien peu.

Sir.RliNCF.N.

Et tu as tonjouis élé diqic. Voici mon opinion : il faut qu'ils fassent soi'lir tes gens de pi ison, « t te laissent rentrer avec eux dans ton château sur parole. Toi, pi'omet- de in.' pas sortir de ta juridiction. Tu seras toujoins mieux quici.

GŒTZ

Ils diront que mes biens >ont dévolus à l'empereur.

SICKINCEiN.

Eh bien! nous dirons que lu veux les prendre à bail, jusqu'à ce qu'd plaise à l'empereui' de t'en rendre l'invotiture. Ils auront beau Sf retourner comme l'angudle dans la nisse, ils ne nous écliaj)peront pas. Ils ne vont pas manquer de parler fie la majesté impériale, de leur mission; cela ne nous regarde pas. Moi au>si, je connai-^ l'empereur, et j'ai même quelque crédit auprès de lui. Il a loujouis souhailé de t'avoir dans son armée : tu ne languiras pas longtemps dans ton châleau ; on saura bien t'y cheiclier.

r.ŒTZ.

Dieu veuille que ce soit bientôt, avant que j'aie désappris les armes !

STCKINGEN.

Le courage ne se désap|)rend pas plus qu'il ne s'npprend. Sois tranquille : aussitôt que ».es afiaires >eront en ordre, je

112 GŒTZ 1>E IJERLICHINGEN.

me rends a la cour, car mon projet commence à mûrir : je vois s'ouvrir devant moi une perspective biillanle, et je sens qu'il liiut c'clater. Il ne me reste plus qu'à sonder les sentiments de l'enipcieur. Trêves elle Palatinat penseraient plutôt voir s'écrouler le ciel, que de s'imaginer que je vais fondre sur leur tète. Je leur tomberai des nues dru comme grêle ! Et si nous menons à bien nos espéiances, tu seras dms peu beaufrère d'un électeur. Je compte sur ton bras pour cette entreprise.

GŒTZ, reganlant sa main.

Ah ! voilà le sens du rêve que j'ai fait la veille du jour où j'ai promis Marie à Weislingen... En me do:inanl sa parole, il me serra si foit la main droite, qu'elle se détacha du brass:;rd, comme si elle fût brisée. Ah ! je suis à présent plus désarmé que je ne l'étais quand elle me fut emportée... Weislingen! Weislingen!

SICKIKGEN.

Oublie ce traître : nous allons anéantir ses projets, ruiner ses espérances : la honte et le remord<le dévoreront et le tueront. Je vois, je vois mes ennemis anéantis! Gœlz, il ne faut que six mois.

GŒTZ

Ton àme monte haut. Je ne sais, mais, depuis quelque temps, il ne s'ouvre plus pour la mienne de perspectives riantes. J'ai déjà été plus loin dans le malheur; j'ai été déjà prisonnier, mais je n'ai jamais éprouvé ce que j'éprouve maintenant.

SlCKIiNGEN.

Le courage vient avec le bonheur. Allons trouver ces perruques! Ils ont eu la parole assez longtemps; prenons-la à notre tour.

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