‹ ThéâtreChapitre 70 sur 238 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

WEISLINr.E.t.

J'en ai grincé des dents. Un si beau plan! si heurensfîmeiil conduit!... Etaii bout de tout cela, le laisser rentrer paisiblement dans son château ! Maudit Sickingen !

ADÉLAÏDE

Ils n'auraient pas dû y consentir.

WEISLINGEN

Il l'a bien fallu. Que pouvaien(-ils faire? Sickingen menaçait de tout mettre à leu et à sang. L'orgueilleux, l'impitoyable homme ! je l'abliorre ! son crédit grossit tous les jours comme un torrent qui a commencé à engloutir une couple de ruisseaux et où le reste vient se jeter de soi-même.

ADI-LAÏDE

N'avaient-ils pas un empereur?

WEISLli>GEi>'.

Ma chère femme, il n'en est plus que l'ombre : il se fait vieux et chagrin. Quand il a su ce qui venait de se passer, et que je lui en ai témoigné mon indignation, ainsi que les antres conseillers : « Laissez-les en repos, nous a-t-il dit; je puis bien laisseï' au vieux Gœtz la jouissance de ce petit coin de terre; et s'il y leste tranquille, qu'avez- vous à vous plaindre de lui? » Nous parlâmes du bien de l'État. «Oh! a-t-il dit, plût à Dieu que je n'aie jamais eu que des conseillers qui eussent diiigé mon esprit inquiet vers le bonheur individuel de mes sujets ! »

Il perd tout à fait la dignité d'un souverain.

WEISLLNGEiN.

Nous nous rej<tâmes alors sur Si* kingen. 'f C'est mon fidèle serviteur, interrompit-il : s'il n'a pas agi par mes ordres, il a au moins mieux rempli mes intentions que n'ont fait mes fondés de pouvoirs, je puis l'avouer après comme avant. »

ADÉLAÏDE

C'est à désespérer.

Cejienîi.'iil je n'ai poinl enrorc iK.'idu tout espoir : on l'a lalsst' !^!n::!M )• (l.ius SOU c!;àtcau, mais sous co.iiilinii 'ju'il

lu.

lu (-.(Kï/ IiK lii:i'. LICIIINGLN.

s'y li('::«lri lr;iiiijiiillc; <l c- lui t>l chose im[)Ossilj|.-. Nous ii€

taitl lous p.is ;i avoir un prétexle pour le repremlre.

ADÉLAÏDE

D'aillant mieux, d'ailleuis, (|ue nous avons l'esioir de voir reni|n'reur sorlir hieulôt de ce monde; et Cliarles, son noble suxesseur, promet des senlimenls plus dignes du trône.

WEISLINGEN

Cliarles! il n'est encore ni rlu ni couronné.

ADÉLAÏDE

Tout le monde le désire, eL tout le monde Tespère.

WElSLhNGEN.

Tu as une haute idée de ses qualités. On serait presque tenté de croire que tu le vois avec d'autres yeux. ..

ADÉLUDE.

Weislingen, tu m'orienses. Me crois-tu capable...?

WEISlIiNGEN.

Ce que j'en dit n'a^t pas [lour t'offenser, mais je ne puis me taire là-dessus. L'cmpressemenl exiraordinaire de Charles auprès de toi me trouble el m'inciuiète.

ADÉLAÏDE

Mais ma conduite...

WEISLINGEN

Tu es femme, et vous ne haïssez point qui vous fait la cour.

ADÉL.UDE.

Mais vous...

WEISLINGEN

Cette horrible idée me ronge le cœur, Adélaïde

ADÉLAÏDE

Puis-je te guérir de tes Jolies?

WKJSLINGF.N.

Si lu voulais; tu pourrais t'éloigner de la cour.

ADÉLAÏDE

Par quels moyens? de (pielle façon? N'es-tu pas toi-même à la cour? Dois-je te quilter, toi et mes amis, pour aller au fond de mon château m'entrelenir avec les liibous? Non, Wei>Iingen, cela ne se peut pas. Calme-toi, tu sais combien je t'aime.

Page 1