‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 109 sur 300 · ACTE IV. i5i · texte numérisé non relu

ACTE IV. i5i

Oh ! l'effroyable cri qui monta vers les cieux!...

En vain, je vous priais d'arrêter le carnage,

En vain, les spectateurs détournaient leur visage

Plus pâle que celui de tous ces malheureux,

Qui frappaient sans colère et s'égorgeaient entre eux!...

Sur les vaisseaux brûlants, ces mornes agonies,

Ces râles, — jusqu'à Rome, au fond des gémonies,

S'en allaient réveiller dans leurs cages de fer

Les tigres haletants à l'espoir de la chair :

Ils n'éveillèrent pas la pitié dans votre âme!...

Le sang noya les cris, — le sang noya la flamme :

L'azur du lac immense en pourpre se changea!...

Dieu César, devant qui le ciel s'ouvre déjà.

Bienfaiteur, qui tenez le monde en votre garde.

Bourreau I... depuis ce jour, lorsque je vous regarde,

Je vois entre nous deux, je crois toujours sentir

Ce lac de sang qui monte et veut vous engloutir!

CLAUDE

Tu me prives du trône, eh bien! je me résigne. Mais pardon, Valéria! — dis, veux-tu que je signe Ou la mort d'Agrippine ou la mort de Pallas? Toutes les deux? — Voyons... tout ce que tu voudras. Mais ne m'enferme pas, surtout aux heures sombres : La nuit, quand je suis seul, j'ai peur, je vois des ombres!

VALÉRIA

Par le crime, ce cœur n'est pas môme romain! Je craignais d'y trouver quelque chose d'humain.

i52 VALERIA.

Page 1