‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 262 sur 300 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

LE ROI

C'est leur espoir.

LE DAUPHIN

Ils se trompent beaucoup.

A part.

Plus d'un pourra l'apprendre aux dépens de son cou.

LE ROI

Le peuple a trop souffert !... Que le peuple regarde

Enfin la royauté comme une sauvegarde,

Et comprenne, voyant tout fléchir sous la loi^

Que le meilleur ami du peuple, c'est le Roi.

Mais la France, ô mon fils ! qu'elle soit grande et forte !...

Ce germe glorieux qu'en ses flancs elle porte,

C'est l'avenir du monde l. . . Elle marche, et sa main

Des nations dans Tombre éclaire le chemin.

Ne l'oubliez jamais : cette noble patrie

Est l'antique berceau de la chevalerie !

Mais tout meurt sur la terre, hélas!... Après Dunois,

Que nous restera-t-il des vieux temps ? les tournois. -^

Mais non! des anciens preux si la tombe est fermée,

Leur âme est toujours là, vivante : c'est l'armée!

Respirons : la victoire épuisa les vainqueurs.

Qu'un sang nouveau bouillonne et remonte à nos coeurs ! . . .

Alors, tirant l'épée, un saint courroux dans l'âme.

Sur le pâle étranger secouant l'oriflamme.

Des bords de l'Océan aux montagnes du Rhin,

Nous précipiterons nos phalanges d'airain ;

Et. rendant au pays son antique frontière.

Nous revendiquerons la France tout entière 1

LE DAUPHIN

Ce beau royaume, Dieu l'avait si bien traité! Mais l'ouvrage de Dieu, les hommes l'ont gâté. Pourtant, Sire, j'en crois certaine prophétie... L'étoile de la France enfin s'est éclaircie ; Elle brille, ce soir !

Allant à une fenêtre.

Je la vois resplendir.

Avec une sorte d'enthousiasme.

• C'est écrit dans les r.ieux : la France va grandir!

LE ROI

Votre œil plonge indiscret dans l'éternel mystère!... Je vous l'ai déjà dit, vous avez tort.

LE DAUPHIN

Mon père, Ce livre, que déroule à nos yeux éblouis Dieu lui-même, — il contient la vérité !

LE ROI

Louis, Dans ce livre un mortel ne lit que le mensonge. Oh ! n'interrogez plus l'astrologie, — un songe! Un songe criminel !

LE DAUPHIN

Mais les rois vos aïeux.

Sire, lui, Charles cinq, un des plus. glorieux, Sans vouloir offenser jamais le Décalogue, Tous bons chrétiens, payaient fort cher leur astrologue

Page 1