SCÈNE IX
VALÉRIA, seule avec BRITANNICUS. Valéria s'assied près de la terrasse. Elle prend l'enfant sur ses genoux et le caresse du regard.
Doux visage au teint pâle, aux paupières lassées,
Pose ton front qui brûle entre mes mains glacées!...
Enfant, — mon seul ami!,., tiens, regarde là-bas :
Ces nuages de plomb, comme ils descendent bas!
Quel vent lugubre et lourd gronde aux branches de l'arbre 1
Oh! nous allons partir... Sur le pavé de marbre,
Les cavales au pied sonore et diligent
Font reluire et tinter leurs clochettes d'argent ;
Nous allons, emportés par leur galop rapide.
Trouver pour ta poitrine ardente un air limpide^
Et la molle contrée, indulgente pour nous,
Où tu verras, -^ ainsi couché sur mes genoux, —
Dans un double océan de lumière profonde.
En haut l'azur du ciel, en bas l'azur de l'onde !
Rome, ville de flamme aux sinistres clameurs.
Pauvre lys altéré, te dévore, et tu meurs! —
Avec moi. sur la plage où l'on respire à l'aise.
Tu vas ouïr les flots roulant vers la falaise.
Boire le vent salubre, harmonieux soupir.
Qu'exhale au soir la mer avant de s'assoupir.
Dès l'aube, cher enfant, quand la montagne est rose-.