SCÈNE V
CÉSAR, ANTOINE, les Égyptiens.
CÉSAR
Posez le coffre dans ce coin.
A Antoine.
Bon. — Donne-moi ta bourse, ami ; j'en ai besoin.
ANTOINE
Ma bourse ?
CÉSAR
Oui.
ANTOINE
Tiens; mais compte auparavant la somme.
CÉSAR
Aux Egyptiens.
Nous compterons après. Voici pour vous.
Les Egyptiens s'inclinent et sortent.
ANTOINE
Quel homme 1
lyô LE TESTAMENT DE CÉSAR.
Ce sont mille deniers qui te glissent des doigts !
CÉSAR
Ce sont mille deniers alors que je te dois.
ANTOINE
Pour mille deniers d'or voilà tout ce qu'on t'offre!
Au moins si Gléopâtre avait bourré ce coffre
De truffes de Libye, et de ces vieux flacons
Du lac Maréotis aux vignobles féconds; l
D'oiseaux du Nil, autruche, ibis, phénicoptère.
Gibier fort dur, mais gros, — je n'aurais qu'à me taire :
Mais t'envoyer un tas d'assommants manuscrits!
N'as-tu pas les discours de nos pères conscrits ?
CÉSAR
Ces livres qu'on m'envoie, apprends, seigneur Antoine, Qu'ils viennent presque tous des rois de Macédoine; D'Alexandre surtout.
ANTOINE
Un guerrier, celui-là!
Il n'avait qu'un défaut... Aristotel i
CÉSAR
Voilà Le grand homme jugé!
Bien! dis que je radote; Mais je hais les pédants, à partir d'Hérodote. Traite-moi dWllobroge ou de Scythe... je veux, Mon savant Julius, te faire mes aveux.