‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 11 sur 211 · SCÈNE IL Les MÊMES, CRÉON · texte numérisé non relu

SCÈNE IL Les MÊMES, CRÉON

ŒDIPE

Nous allons tout savoir. Il approche, il m'entend. — O fils de Ménécée, ô frère que j'attend. Dis-nous quelle réponse Apollon nous envoie ?

CRÉON

Tu peux t'en réjouir; cardans la sombre voie

Si nous marchons, guidés par l'oracle, — nos maux

Se changeront en biens.

ŒDIPE

Quel langage ? ces mots Ne m'inspirent ni crainte encor, ni confiance.

CRÉON

O roi, désires-tu m'entendre en leur présence? Je suis prêt à parler. Sinon, viens au palais.

ŒDIPE

Parle en face de tous, et parle sans délais.

Ma vie à moi n'est rien ; leur danger seul me touche.

CRÉON

Les paroles du dieu vont sortir de ma bouche. I. a

Voici ce qu'Apollon souverain nous prescrit : « Purgez le sol thébain du monstre qu'il nourrit ! « L'incurable fléau demande qu'on l'expie. ))

Quelle expiation?

' CRÉON

(( Il faut chasser l'impie, (( Et que le meurtre soit par le meurtre lavé. (( C'est du sang qui déborde^ et rougit le pavé ! »

ŒDIPE

De quel meurtre le dieu parle-t-il ? de quel homme ?

CRÉON

O prince, il fut un roi — c'est Laïus qu'on le nomme — Qui jadis gouvernait cette ville avant toi.

ŒDIPE

On me l'a dit. Mes yeux n'ont jamais vu ce roi,

CRÉON

Il fut tué 1 Le dieu, sur les auteurs du crime, Nous enjoint clairement de venger la victime.

ŒDIPE

Mais où sont-ils? — Comment suivre dans le passé D'un crime ancien déjà le vestige eff'acé ?

CRÉON

Ils sont ici, le dieu l'affirme, — ici, te dis-je :

Ce qu'on cherche on le trouve; on perd ce qu'on néglige!

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