‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 12 sur 211 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

ŒDIPE

Est-ce dans cette ville ? aux champs ? ou loin de nous , En quelque autre pays, qu'il tomba sous leurs coups?

CRÉON

Pour consulter l'oracle, il partit. Jour funeste ! Depuis, on ne l'a point revu. Tu sais le reste.

ŒDIPE

Des gens de son escorte, eh quoi ! nul messager, Nul témoin de sa mort, qu'on puisse interroger?

CRÉON

Ils succombèrent tous, moins un, qui se rappelle, Dans sa fuite, une chose, une seule.

ŒDIPE

Laquelle ?

Le moindre fait souvent à d'autres nous conduit ; Il ne faut qu'un rayon pour éclairer la nuit.

CRÉON

Des brigands, disait-il, dans un défilé sombre Attaquèrent Laïus : il périt sous le nombre.

ŒDIPE, regardant Créon avec défiance.

Des brigands avoir eu cette audace?... Voyez! C'est un complot. Quelqu'un les avait soudoyés.

CRÉON

On le pensa d'abord. Mais dans nos maux personne Ne put venger Laïus, et venger la couronne.

i6 ŒDIPE ROI.

Et quel autre malheur, plus funeste à l'État, Détournait vos regards d'un pareil attentat?

CRÉON

Le Sphinx au chant perfide. Alors fut effacée Devant les maux présents l'infortune passée.

ŒDIPE

Eh bien ! je plongerai dans ces ténèbres, moi ! Je rends grâce à Phébus, et je rends grâce à toi, Créon, de rappeler nos yeux sur la victime. Mon courroux vous seconde, il est trop légitime ! Je veux que ce pays et le dieu soient vengés. — Et ce n'est pas pour vous, mes amis étrangers. C'est pour moi que je veux purifier la ville. L'assassin, quel qu'il soit, la main sanglante et vile Contre moi-même un jour se tournerait, je crois : La cause de Laïus est la cause des rois ! — Levez-vous donc, enfants ; j'ai donné ma parole : Emportez ces rameaux, triste et pieux symbole.

A quelques officiers du palais.

Vous, rassemblez ici le peuple de Cadmus : J'essaierai tout pour lui. — Que maintenant Phébus, Implacable, ou touché des maux que nous subîmes. Nous ramène à la vie, ou nous jette aux abîmes !

Il rentre dans le palais.

LE PRÊTRE DE JUPITER

* Mes enfants, levons-nous; car les secours amis

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