‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 13 sur 211 · PREMIER INTERMÈDE · texte numérisé non relu

PREMIER INTERMÈDE

Entre le chœur des vieillards thébains et le reste du peuple que vient de faire convoquer Œdipe. — Une symphonie religieuse se fait entendre ; puis deux jeunes filles, une femme et un vieillard, qui représentent le chœur, disent tour à tour les strophes suivantes :

STROPHE PREMIÈRE

Doux oracle, émané du souverain des dieux,

Que de sa riche enceinte Envoie aux murs thébains Delphes, la ville sainte, Que viens-tu m'annoncer, messager radieux? L'effroi précipite Le sang vers mon cœur.

Qui tremble et palpite!...

Dieu de Délos, ô dieu secourable et vainqueur. J'attends avec respect, j'attends les destinées Que maintenant, ou bien dans le cours des années. Tu me gardes, sensible à mes cris gémissants! O vous qu'implore ma souffrance, Enfants de la belle espérance.

Répondez-moi, divins accents !

ANTISTROPHE PREMIERE

Du puissant Jupiter, ô toi, fille adorée.

Immortelle Pallas, Je t'invoque d'abord!... Et toi, Diane, hélas! Toi qui jadis aimais cette noble contrée,

Et que Thèbe encor

Contemple et révère I. 2.

i8 ŒDIPE ROI

Sur ton siège d'or! Et toi, céleste archer, ô Pliébus, dieu sévère! Venez, je vous appelle! apparaissez tous trois : Si d'un autre fléau vous avez autrefois Éteint dans nos remparts la rage meurtrière, —

Aujourd'hui, dieux libérateurs,

Contre ces feux dévastateurs

Venez encore à ma prière!

STROPHE DEUXIÈME

Sous d'innombrables maux je succombe frappé ! Tout un peuple avec moi, tout un peuple qui souffre. Dans la contagion expire enveloppé;

Tout roule au même gouffre !

* Nul secours; l'art s'épuise en efforts superflus.

* La moisson languissante, hélas ! ne mûrit plus ;

* Et de l'enfantement, nos épouses, nos mères,

* Ne peuvent supporter les fatigues amères!...

De ces funestes bords, Les ombres par milliers, comme l'oiseau qui passe. Comme l'éclair rapide élancé dans l'espace, Tombent, foule plaintive, au rivage des morts!

ANTISTROPHE DEUXIEME

Et la ville est déserte!... En nos tristes murailles. Les générations gisent de tout côté, Cadavres sans linceul, sans pleurs, sans funérailles. Sur un sol empesté !

* Dans Thèbe où la souffrance et la mort régnent seules-

* Les veuves au front pâle, et les blanches aïeules,

'^ Aux autels d'Isménus, portant les saints rameaux,

* Demandent à genoux le terme de leurs maux.

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