‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 128 sur 211 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Eh bien! c'est moi qui suis la vile créature, Et César est l'auguste et sublime nature! On dirait que, formé d'un plus noble méta], César est la statue, et moi le piédestal !... Cet orgueilleux César peut être un dieu pour Rome; Mais pour moi^ Cassius, ce n'est plus même un homme!

Cris du peuple au dehors.

Vive César!

BRUTUS

Encore une acclamation !

CASSIUS

Rome est devant César en adoration !

Il me semble pourtant qu'en des jours plus prospères Nous avons entendu souvent dire à nos pères Que Rome, dans ses murs, vit jadis un Brutus Qui n'aurait pas souffert un César...

BRUTUS

Cassius, Que pour moi vous ayez une amitié de frère, Je n'en veux point douter ; j'en suis sûr, au contraire. Qu'en ce triste moment vous me parliez au nom De votre conscience, en douterai-je? Non. Si nos aïeux, ouvrant leur pesante paupière. Pouvaient se réveiller dans leurs couches de pierre, Ces hommes du passé que la tombe engourdit Me diraient, je le crois, ce que vous m'avez dit. Mais par cette amitié, compagne fraternelle, Qui nous a vus grandir à l'ombre de son aile,

Par nos aïeux, dormant dans leur sacré linceul.

N'insiste plus, ami : je tcux réfléchir seul.

Tes paroles, au fond de mon cœur je les grave :

Dans un r e : : : . ! e r.: ent silencieux et grave.

J'en développerai chaque mot, r:ur savoir

Si leur sens véritab.e es: : : r ': rme au devoir.

A ec ma conscience i. : e je discute;

Puis. î'srréî une fois p: : ; , -'exécute î

Mai? -- = :ans mon devoir ccmme dans un réseau.

Va. ; . iis mieux être un berger d'Arezzo.

Un simple villageois d A:r -oum, peu m'importe.

Que d'avoir ce grand nom, lourd &rdeau que je porte : —

Avan: ie rer.:uer un si grave entretien,

Je vais creuser mon cœur... Ami, creuse le tien:

Vois si toute vengeance impure en est bannie,

Si véritablement tu hais la tyrannie ;

Et demande-toi bien, en homme de ton rang.

Si tu n'abhorres pas encor plus le tyran ?

La haine et le devoir ne -^cuvent se confondre.,.

Adieu : mon preziier zi: : s ci pour te répondre.

CASSIUS

Je ra::er.is. Que les dieux punissent les pervers!

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