‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 137 sur 211 · ACTE II. 22b · texte numérisé non relu

ACTE II. 22b

TRÉBONIUS

Eh bien! il sera fait, Brutus, comme tu veux. Qu'Antoine en pleurs s'arrache à deux mains les cheveux Sur le corps de César qu'il aime, — c'est possible : Les hommes de plaisir ont le cœur très-sensible !... Mais la rose bientôt se mêle aux noirs cyprès. Antoine va gémir d'abord : huit jours après, Ivre, et se consolant comme un fils du Bosphore, Antoine embrassera la gigantesque amphore.

CIMBER

Antoine vivra donc ?

BRUTUS

Qu'il vive !

CASSIUS

Quel péril !

CIMBER

César tombera seul; mais quand tombera-t-il?

^ CASCA

Les dieux même ont fixé le jour : pendant la fête Vous avez entendu cette voix de prophète. Lorsque le dictateur descendait de son char : « Crains les ides de mars! » cria-t-elle à César.

BRUTUS

Dieu vengeur! dans ce mois guerrier où tu présides, O Mars, nous adoptons le jour sacré des ides.

En ce jour-là, d'ailleurs, un sénat déloyal. Enveloppant César dans le manteau royal. Veut lâchement baiser la main qui nous opprime : La peine au vol rapide, amis, suivra le crime I

CIMBER

Est-ce là votre avis, Brutus ?

BRUTUS

C'est mon avis.

CIMBER

Tant mieux! car c'est le mien : aussi vrai que je vis ! Deux coups frappés à la porte.

CASSIUS

On frappe !

Oui.

BRUTUS

RUGA, effrayé.

Plus un mot !

CIMBER

Tiens ! l'usurier frissonne I

CASSIUS

Attendez-vous quelqu'un, Brutus?

BRUTUS

Moi, non, personne.

RUGA

Qui peut venir?

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