‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 142 sur 211 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

j Puisque de nos complots César a connaissance, Pourquoi n'use-t-il point de sa toute-puissance?

; Cicéron, que jamais Rome ne couronna,

! Sut bien, de nos remparts chassant Catilina, Donner aux conjurés, pour tombes clandestines,

, Les mornes profondeurs des voûtes mamertines !

CÉSAR

Pourquoi César consul, dictateur, souverain,

Ne VOUS ouvre-t-il pas le cachot souterrain.

Ce noir Tullianum aux sourdes agonies.

D'où l'homme sort cadavre et roule aux gémonies?

Tu demandes pourquoi?... Je te réponds! — D'abord,

César a bu la vie et la gloire à plein bord ;

Et jamais ce tyran, c'est ainsi qu'on le nomme,

Pour conserver ses jours ne prendra ceux d'un homme;

Puis Brutus, égaré dans ses âpres vertus.

Peut tout contre César, lui rien contre Brutus î

BRUTUS

Que dis-tu ?

CÉSAR, tirant une lettre de son sein. Cette lettre...

BRUTUS

Eh bien ?

Qui l'a tracée?

BRUTUS, reconnaissant l'écriture.

Ma mère Servilie !

CÉSAR

Oui.

BRUTUS

Grands dieux!... Adressée..

CÉSAR

A Brutus.

BRUTUS

Quand ma mère a-t-elle écrit cela ?

Parle ?

CÉSAR

A son lit de mort.

BRUTUS

Ma inère!...

CÉSAR, lui donnant la lettre.

Écoute-la.

Réjouis au tombeau celle à qui tu dois l'être!... Je te laisse, Brutus, seul avec cette lettre,

Un dernier mot. César... Tes gardes, n'est-ce pas, Ont jusqu'à l'atrium accompagné tes pas?

CÉSAR

Non, je suis venu seul. Quand je frappe à ta porte.

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