ACTE III
' Versé tant de rayons sans aucune tempête, I Vont peut-être changer, me laissant triste et vieux, Mon été plein de flamme en hiver pluvieux!
j Tonnerre, éclairs.
I Que la mort vienne donc ! Antoine, tout à l'heure I Tu l'as dit : Plus la vie est longue, plus on pleure! — Pompée à Mithridate, hélas! n'a survécu Que pour tomber, le front dans sa toge, et vaincu !
CLEO PATRE.
La conversation prend des teintes moroses : C'est étrange ! parmi les coupes et les roses !
CÉSAR
Est-ce que vos aïeux les Grecs ne faisaient pas
Apporter un squelette au milieu des repas?
La Grèce fut toujours, elle s'en glorifie,
Le temple harmonieux de la philosophie.
Entre Byrrha.
BYRRHA.
Seigneur !
CÉSAR
Eh bien ?
BYllRHA , lui remettant un billet.
Lisez.
CÉSAR, après avoir lu.
Je ne suis pas de ceux Qui, mollement cou :hés sur des lits paresseux, I. 22.
Peuvent, ô mes amis, dire avec le poëte :
« A demain le travail, mais aujourd'hui la fête ! »
Pour César dictateur, dans le banquet vermeil
La nuit est soucieuse, et n'a point de sommeil :
Le pilote sur tous doit veiller comme un père ! —
Je vous quitte, il le faut : pour un moment, j'espère.
Mais comme je pourrais tarder jusqu'au matin,
A Antoine.
Je te fais à ma place, ami, roi du festin,
Et te donne, s'il plaît à notre souveraine,
Tous les droits de César.
A Cléopâtre.
Votre main, belle reine !
Il sort avec Byrrha.