‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 2 sur 211 · IV A MON FRÈRE PAUL LACROIX · texte numérisé non relu

IV A MON FRÈRE PAUL LACROIX

prit et la vue sont restés si jeunes après quarante années et plus d'énormes travaux incessants, tu n'oubliais qu'une chose, c'est que je n'ai plus tes yeux. Je ne suis pas encore aveugle comme Œdipe, mais, hélas! à peu près... Comment veux-tu que je fouille dans ce tas de papiers confus? Je frémis rien que d'y songer. Oui, tu as raison; je dois suivre ton conseil : l'exemple de Soumet, et plus encore celui de Sainte-Beuve me décide, — Sainte- Beuve, le grand critique, qui, dans sa dernière édition définitive àt Joseph Dclorme, enregistrait parmi ses notes les opinions et les divers jugements des journaux sur son livre. — Mais encore une fois, comment veux-tu que je fasse, moi qui peux à peine corriger mes épreuves?

u Eh bien! je les corrigerai, m'as-tu dit. Je me charge de tout. Je ferai moi-même les extraits; je prends sur moi seul toute la responsabilité de mes choix. »

J'accepte donc, cher Paul, et de grand cœur, mais à cette double condition que ta fraternelle amitié me propose : à toi seul le choix des fragments d'articles, bons ou mauvais, à toi seul la responsabilité tout entière. Je ne suis pour rien, pour rien absolument, dans cet appendice de mon théâtre.

Juin 1874.

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