SCÈNE III
Les Mêmes, JOCASTE.
JOCASTE
Imprudents! Pourquoi donc ces funestes débats? Pouvez-vous sans rougir, entre vous deux, hélas ! Agiter la discorde, alors que Thèbes pleure? Toi, rentre en ce palais, et toi dans ta demeure. N'augmentez pas les maux qui nous accablent tous !
CRÉON
Ma sœur, quel traitement Œdipe ton époux Veut me faire subir, dans son royal caprice ! L'exil ne suffit pas ; il veut que je périsse.
Oui ; car je l'ai surpris, cet homme insidieux, Ourdissant contre moi des complots odieux.
CRÉON
Misérable et maudit, qu'ici même j'expire, Si je t'ai nui jamais, si j'ai voulu te nuire!
JOCASTE
Il atteste les dieux, tu dois le croire, ô roi ! Respecte sa parole et tout ce peuple... et moi !
LE CORYPHÉE
Oui, nous te supplions ! calme enfin ta colère : Que la raison t'éclaire !
ŒDIPE
Eh bien ! qu'exigez-vous .-*
LE CORYPHÉE
Créon ne fut jamais perfide et sacrilège ; Un serment le protège :
Il est sacré pour nous !
ŒDIPE
Sais-tu ce que tu veux ?
LE CORYPHÉE
Oui.
ŒDIPE
Parle au nom de tous.
Sur un vague soupçon, dans ton aveugle haine, N'exile point l'ami que sa parole enchaîne I
ŒDIPE
En m'implorant pour lui, n'as-tu pas de remord? Peuple, c'est demander mon exil ou ma mort.
LE CORYPHÉE
Non, prince, non ; j'atteste