‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 31 sur 211 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Ce roi du ciel, ce flambeau radieux !

Si telle est ma pensée, oh ! qu'un trépas funeste M'emporte, abandonné des hommes et des dieux Mais, ô douleurs non encore éprouvées ! Quand le deuil courbe tous les fronts, Entre vous soulevées, Ces discordes privées Viennent mettre le comble aux maux que nous souffrons !

ŒDIPE

Eh bien ! qu'il parte !... Dût la mort frapper ma tête 1 Dusse- je fuir, chassé de Thèbes ma conquête !... Ta prière, et non pas la sienne, m'a touché. Mon courroux va le suivre, à ses pas attaché !

CREON

Tu te montres cruel, même dans ta clémence : Calme, tu nommeras ta colère démence. — Les voilà bien ces cœurs tout pleins d'emportement ! Ils font notre supplice et leur propre tourment.

Partiras-tu?

créon.

Je pars; Tu peux me miéconnâître ; Mais je suis pour eux tous le même, et je dois Tétre.

Créon sort, accompagné d'une partie du peuple. On s'éloigne d'Œdipe, comme pour désapprouver sa violence.

LE CORYPHÉE

Reine, je t'en conjure, emmène sans délais Œdipe en son palais!

JOCASTE

* Mais d'où vient leur querelle?

LE CORYPHÉE

* Des paroles ont fait naître d'obscurs soupçons.

* Au cœur que nous blessons *■ L'injustice est cruelle !

JOCASTE

* Ils s'outrageaient l'un l'autre ?

LE CORYPHÉE

Oui.

JOCASTE

Pour quelles raisons ^

LE CORYPHÉE

* Quand sous l'impur fléau Thèbes courbe la tête,

* Mieux vaut nous arrêter où leur débat s'arrête.

ŒDIPE, au coryphée.

* Vois, tes intentions sont bonnes, je le sai ;

" Mais tu brises mon cœur, et je suis délaissé !

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