ACTE III
ŒDIPE
Il assure, au moins tu me le dis, Que Laïus fut tué par des brigands, jadis. Le crime de plusieurs n'est pas le mien, en somme ! Il s'agit d'une foule, et non pas d'un seul homme. — Mais s'il n'en a vu qu'un assassiner le roi. Plus de doutes alors!... le meurtrier, c'est moi.
JOCASTE
Non, il a dit plusieurs, il l'a dit !.. . Et qu'il ose
Devant moi, devant Thèbe, affirmer autre chose!
Nous l'avons entendu. — Mais quand même il voudrait
Démentir son récit, est-ce qu'il prouverait
Que ta main a frappé Laïus ? Rien ne l'indique,
Puisque mon fils, d'après l'oracle fatidique.
Devait tuer son père !... Et c'est Finfortuné,
C'est lui qui meurt avant Laïus assassiné.
Augure, prophétie, oracle, vain mensonge !...
Tout cela ne vaut pas la peine qu'on y songe.
ŒDIPE
Je pense comme toi. Mais, sans rien négliger. Ordonne qu'on amène au plus tôt ce berger.
JOCASTE
Oui, j'envoie à l'instant. Mais rentrons. Pour te plaire, Il n'est rien que mon cœur ne soit heureux de faire !
TROISIEME INTERMEDE.