‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 58 sur 211 · L ENVOYE · texte numérisé non relu

L ENVOYE

Cette main, c'est la sienne !... Ohl quel trépas! Du moins,

Les dieux n'ont pas voulu vous en rendre témoins.

Il faut pourtant qu'ici ma bouche vous apprenne

Tout ce qu'elle a souffert, la malheureuse reine!...

Jocaste avait franchi ce portique fatal :

Furieuse, elle court vers le lit nuptial.

Arrachant à deux mains sa longue chevelure.

Elle entre; puis, fermant les portes, elle adjure,

Elle évoque Laïus, égorgé par la main

D'un exécrable fils^ qui, né de leur hymen.

Teint du sang paternel, dans ce palais immonde,

A fécondé le sein qui l'avait mis au monde !

Elle maudit la couche, où d'un époux, jadis,

Elle eut un autre époux, et des fils de son fils!

Je ne sais pas comment elle périt ensuite ;

Car Œdipe, poussant des cris, se précipite.

Et sur lui, sur lui seul j'attache mon regard!

Il marchait à grands pas, il errait tout hagard.

Demandant une épée : « Où donc, où donc est-elle,

L'épouse qui n'est pas mon épouse? n II appelle

Avec des cris, avec des sanglots étouffants,

Celle qui mit au jour le père et les enfants!

Dans son délire, un dieu le conduisait sans doute.

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