‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 76 sur 211 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

De vous faire manger tout vif par le dragon. — Et qu'allez-vous donc faire en Espagne ?

La guerre.

CYTHÉRIS.

Ah ! c'est vrai ; Rome et moi nous n'y songions plus guère : Du malheureux Pompée, il reste encor deux fils ! César avec douleur accepte leurs défis... Mais comment se fait-il, — vous pardonnez, j'espère, — Qu'après avoir servi dignement sous le père. Adoptant de César les drapeaux triomphants. Vous alliez aujourd'hui combattre les enfants? — En tout cas, pour Sextus je vous demande grâce.

CASSIUS

Ah ( vous le connaissez? ■

CYTHÉRIS.

Non; mais, dans sa disgrâce, J'aime ce fier pirate avec ses matelots, Ce proscrit qui demande une patrie aux flots, Cet illustre forban, conduit par la Fortune, Qui se fait appeler Sextus, fils de Neptune ; Qui, lançant la trirème au vol rapide et sûr, Marche roi de la mer, et s'habille d'azur, Comme s'il avait teint sa robe festonnée Dans ta vague bleuâtre, ô Méditerranée !

CASSIUS

O dieux bons! quelle verve et quel entraînement! I. II.

Prenez garde, on croirait très-sérieusement, A votre enthousiasme...

CYTHÉRIS.

Éh bien! est-on coupable Pour être enthousiaste ?

Oh ! VOUS seriez capable...

CYTHÉRIS.

Moi! capable de tout,., je vous en averti.

CASSIUS

Excepté de m'aimer !

CYTHÉRIS.

Quand vous serez parti,

CASSIUS

Ce gracieux contrat, j'en accepte les clauses.

CYTHÉRIS.

Vous m'en voulez ? Aussi vous demandez des choses...

CASSIUS

Moi! rien qu'un souvenir.

CYTHÉRIS.

C'est beaucoup !

CASSIUS

En effet ; Mais je ne veux pas être oublié tout à fait.

Page 1