‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 81 sur 211 · PROLOGUE. i · texte numérisé non relu

PROLOGUE. i

CASSIUS

Non.

CYTHÉRIS.

Vraiment? Trait pour trait Cependant je le peins.

CASSIUS

Achevez le portrait.

Que fait-il?

' CYTHÉRIS.

Maintenant?

CASSIUS

Oui.

CYTHÉRIS.

Chargé de trophées, Vainqueur des factions dans ses bras «étouffées, Après avoir soumis trois cents peuples divers, Huit cents villes, dans Rome enfermé l'univers, — Sous le vélarium, qui flotte et se déploie Comme un nuage d'or et de pourpre et de soie. Il monte au Capitole, où seul, parmi les dieux. Son colosse d'airain s'élève radieux!

Maintenant, revêtu de l'antique chlamyde. Maître du Pont-Euxin, de l'Afrique numide, Et du Nil et du Rhône, — il triomphe à la fois De Juba, de Pharnace, et du grand chef gaulois! A présent vous devez, certes, le reconnaître^

i36 LE TESTAMENT DE CÉSAR.

CASSIUS

Vous parlez de César ?

CYTHÉRIS.

Oui.

CASSIUS

Vous croyez peut-être Que César, quand l'encens fume sur les trépieds, De son char triomphal va descendre à vos pieds?

CYTHÉRIS.

Je ne crois pas, — j'attends.

CASSIUS

Vrai! l'amour déraisonne, Lui César, lui qui n'a jamais aimé personne, César vous aimerait!

CYTHÉRIS.

Que de mots superflus!

Je vous dis que je l'aime, et ne dis rien de plus.

CASSIUS

Ainsi donc vous n'avez pas d'autre certitude?

J'attends un messager de lui.

CASSIUS

Par habitude, Je suis fort prévoyant : tandis que nous causions, J'ai pris, c'est très-heureux, quelques précautions.

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