PROLOGUE
Ce pauvre Cassius, c'est cruel, je l'avoue ;
Quand nous jouons ensemble, il perd tout ce qu'il joue !
Mon génie a le pas sur le sien, j'en répond. ' Il rassemble une flotte un jour dans l'Hellespont, ; Vingt galères, je crois : je lui prends ses galères. I Plus tard, voulant donner quelques jeux populaires, —
Je vous parle du temps de ses rébellions, — ■ Il achète à grands frais cinquante beaux lions.
Ce pauvre Cassius! — mon navire s'égare...
Et je prends ses lions tout en prenant Mégare.
CYTHÉRIS.
I Voilà ce qu'on appelle un homme malheureux !
CÉSAR
Ce n'est pas tout, oh non! — Il devient amoureux, j Amoureux comme un fou, d'une femme si belle, ; Qu'elle rendrait pensif un prêtre de Cybèle. . .
Mais dites, me faut-il poursuivre, ou m'arrêter ?
Triompherai-je encore, et dois-je me vanter
D'avoir sur Cassius, pour couronner l'histoire.
Remporté, Cythéris, une triple victoire?
CYTHÉRIS.
César, le nombre trois, vous savez, plaît aux dieux !
CÉSAR
Vous dites que je puis vous aimer?
Je fais mieux, Je vous aime.
CÉSAR
Et pourquoi m'aimez-vous?
CYTHÉRIS.
Pour trois causes.
CÉSAR
D'abord ?
CYTHÉRIS.
N'êtes-vous pas César ?
CÉSAR
Restent deux choses,
CYTHÉRIS.
Je suis Grecque.
CESAR
On le voit !
CYTHÉRIS.
Les dieux nous ont trahis, César ; et vous aimez la Grèce mon pays.
C'est tout simple : j'ai fait mes études à Rhode, Ce jardin lumineux qu'un flot d'écume brode. Si je vaux quelque chose, île au beau ciel vermeil, C'est que j'ai dans le cœur un peu de ton soleil !
CYTHÉRIS.
Nos villes n'étaient plus que des ruines sombres : Par vous, Corinthe sort blanche de ses décombres;