‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 87 sur 211 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Ce pauvre Cassius, c'est cruel, je l'avoue ;

Quand nous jouons ensemble, il perd tout ce qu'il joue !

Mon génie a le pas sur le sien, j'en répond. ' Il rassemble une flotte un jour dans l'Hellespont, ; Vingt galères, je crois : je lui prends ses galères. I Plus tard, voulant donner quelques jeux populaires, —

Je vous parle du temps de ses rébellions, — ■ Il achète à grands frais cinquante beaux lions.

Ce pauvre Cassius! — mon navire s'égare...

Et je prends ses lions tout en prenant Mégare.

CYTHÉRIS.

I Voilà ce qu'on appelle un homme malheureux !

CÉSAR

Ce n'est pas tout, oh non! — Il devient amoureux, j Amoureux comme un fou, d'une femme si belle, ; Qu'elle rendrait pensif un prêtre de Cybèle. . .

Mais dites, me faut-il poursuivre, ou m'arrêter ?

Triompherai-je encore, et dois-je me vanter

D'avoir sur Cassius, pour couronner l'histoire.

Remporté, Cythéris, une triple victoire?

CYTHÉRIS.

César, le nombre trois, vous savez, plaît aux dieux !

CÉSAR

Vous dites que je puis vous aimer?

Je fais mieux, Je vous aime.

CÉSAR

Et pourquoi m'aimez-vous?

CYTHÉRIS.

Pour trois causes.

CÉSAR

D'abord ?

CYTHÉRIS.

N'êtes-vous pas César ?

CÉSAR

Restent deux choses,

CYTHÉRIS.

Je suis Grecque.

CESAR

On le voit !

CYTHÉRIS.

Les dieux nous ont trahis, César ; et vous aimez la Grèce mon pays.

C'est tout simple : j'ai fait mes études à Rhode, Ce jardin lumineux qu'un flot d'écume brode. Si je vaux quelque chose, île au beau ciel vermeil, C'est que j'ai dans le cœur un peu de ton soleil !

CYTHÉRIS.

Nos villes n'étaient plus que des ruines sombres : Par vous, Corinthe sort blanche de ses décombres;

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