PROLOGUE
Vous relevez Athène, et, sur le Parthénon, De Phidias encore on peut lire le nom.
CÉSAR
Ce brave Mummius, bon soldat, chef vulgaire,
Démolissait toujours quand il faisait la guerre.
Sylla, c'est différent, il n'était pas sans art, . Et lisait quelquefois Homère, — par hasard;
Il aimait les tableaux, les livres, les statues : [ Mais il aimait aussi les villes abattues !
César paye une dette, et répare en cela
Les torts de Mummius, le crime de Sylla.
CYTHÉRIS.
Oh I vous êtes un dieu !
CÉSAR
Vous, plus qu'une mortelle.
Mais la ville où naquit Cythéris, quelle est-elle ? Nommez-la ; j'aimerai le fortuné séjour Où des yeux si charmants ont bu l'azur du jour !
Je naquis sur les bords de l'Ilissus.
CÉSAR
Beau fleuve, Où le cygne argenté dans un flot d'or s'abreuve!
CYTHÉRIS.
Au pied du mont Hymette.
CÉSAR
Qh ! son miel savoureux, I. i3.
i5o LE TESTAMENT DE CESAR.
Ce doux miel, ruisselant du sein des chênes creux. Pouvait seul vous donner cette voix souveraine Qui pénètre les cœurs mieux qu'un chant de sirène 1 Mais reparlons un peu de Cassius.
CYTHÉRIS.
Pourquoi ?
CÉSAR
Il doit VOUS avoir dit un mal affreux de moi ?
CYTHÉRIS.
Il m'a dit tout le mal que d'un homme on peut dire... Que vous n'aviez jamais aimé?...
CÉSAR
Voilà médire!
Les méchants 1 Savez-vous quel reproche ils me font? C'est d'aimer trop !
Vraiment !
CÉSAR
Mais d'un amour profond !
CYTHÉRIS.
Cassius dit pourtant...
CÉSAR
Mauvais propos de Rome !
C'est une calomnie étrange contre un homme Qui dans sa vie a fait trois guerres par amour.