‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 88 sur 211 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Vous relevez Athène, et, sur le Parthénon, De Phidias encore on peut lire le nom.

CÉSAR

Ce brave Mummius, bon soldat, chef vulgaire,

Démolissait toujours quand il faisait la guerre.

Sylla, c'est différent, il n'était pas sans art, . Et lisait quelquefois Homère, — par hasard;

Il aimait les tableaux, les livres, les statues : [ Mais il aimait aussi les villes abattues !

César paye une dette, et répare en cela

Les torts de Mummius, le crime de Sylla.

CYTHÉRIS.

Oh I vous êtes un dieu !

CÉSAR

Vous, plus qu'une mortelle.

Mais la ville où naquit Cythéris, quelle est-elle ? Nommez-la ; j'aimerai le fortuné séjour Où des yeux si charmants ont bu l'azur du jour !

Je naquis sur les bords de l'Ilissus.

CÉSAR

Beau fleuve, Où le cygne argenté dans un flot d'or s'abreuve!

CYTHÉRIS.

Au pied du mont Hymette.

CÉSAR

Qh ! son miel savoureux, I. i3.

i5o LE TESTAMENT DE CESAR.

Ce doux miel, ruisselant du sein des chênes creux. Pouvait seul vous donner cette voix souveraine Qui pénètre les cœurs mieux qu'un chant de sirène 1 Mais reparlons un peu de Cassius.

CYTHÉRIS.

Pourquoi ?

CÉSAR

Il doit VOUS avoir dit un mal affreux de moi ?

CYTHÉRIS.

Il m'a dit tout le mal que d'un homme on peut dire... Que vous n'aviez jamais aimé?...

CÉSAR

Voilà médire!

Les méchants 1 Savez-vous quel reproche ils me font? C'est d'aimer trop !

Vraiment !

CÉSAR

Mais d'un amour profond !

CYTHÉRIS.

Cassius dit pourtant...

CÉSAR

Mauvais propos de Rome !

C'est une calomnie étrange contre un homme Qui dans sa vie a fait trois guerres par amour.

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