UN DES GLADIATEURS
Marche !
BYRRHA.
Eh bien, oui ! j'étais payé ; j'ai fait le coup. Est-ce donc une chose à surprendre beaucoup Qu'un homme assassiné, la nuit, dans le Vélabre ? Et pour cela faut-il voyager en Calabre ? Je suis à qui me paye, en vrai gladiateur ! Allons, conduisez-moi sans bruit chez le préteur.
CYTHÉRIS.
Qui t'a payé ?
i58 LE TESTAMENT DE CÉSAR.
BYRRHA.
Réponds, toi, ma lame rougie ! — Comme les pièces d'or n'ont pas son effigie. Elles ne pourront point le dénoncer, je crois.
CYTHÉRIS.
Mais sais-tu, malheureux, qu'on va te mettre en croix ?
BYRRHA.
Vous n'entamerez pas ce cœur, il est de roche ! Chez le préteur!
CÉSAR
Attends.
BYRRHA, tressaillant tout à coup.
Cette voix...
CÉSAR
Viens, approche.
BYRRHA.
César?
CÉSAR
Tu voulais donc m'assassiner, Byrrha ?
BYRRHA.
César ! assassiner César ! Qui le dira ?
CÉSAR
Quand ton bras a frappé mon bouffon tout à l'heure. C'est moi que tu croyais frapper.
Voyez... je pleure!