PROLOGUE
Qui, moi, frapper César ? César, à qui je dois La vie ?
CYTHÉRIS.
A César, vous ?
BYRRHA.
Il tombe à genoux.
Oui ! le glaive à mes doigts Échappait ; oui, sanglant et la face bleuâtre, Aux acclamations du morne amphithéâtre, Sous le genou pesant qui m'écrasait, tordu, — J'abandonnais au fer mon cou déjà tendu ; Et César me sauva de l'arène fatale!
Et César eut pitié, quand la grande Vestale Défendait de me plaindre et de me secourir, Et, le pouce incliné, m'ordonnait de mourir I
Il se relève.
Moi, moi frapper César ! Avant de m'y résoudre, Je crierais : Jupiter, réduis ce bras en poudre !
CÉSAR, à Cythéris.
Voyez ! l'ingratitude au moins n'est pas son fait. Les hommes ne sont pas si méchants qu'on les fait. Regardez cette larme au bord de sa paupière !... Une fleur quelquefois germe donc sur la pierre !
BYRRHA.
Celui qui m'a payé le meurtre de ce soir. Est-ce là, Julius, ce que tu veux savoir?
Oui.
i6o LE TESTAMENT DE CÉSAR.
CÉSAR
Byrrha, pas encor.
Aux gladiateurs.
Tout ce que nécessite L'état de mon bouffon, de mon pauvre Thersite, Faites-le, vous.