‹ ThéâtreChapitre 105 sur 201 · ACTE I. i · texte numérisé non relu

ACTE I. i

A Cordélia.

Ils te laissent partir, pauvre et disgraciée?

Dis-leur adieu pourtant... Puis, sous des cieux meilleurs,

Ce que tu perds ici, viens le reprendre ailleurs!

j LEAR.

; Roi de France, tu peux l'emmener, — elle est tienne : Ce n'est plus notre enfant!... Va, qu'elle t'appartienne; ' Je ne la verrai plus!

A Cordélia.

î Sans notre affection,

Pars, malheureuse! pars, sans bénédiction! -^ A toute sa suite.

Venez.

Il sort. — Tout le monde l'accompagne, excepté Gonerille^ Régane, Cordélia, le Roi de France et les seigneurs de la suite du roi de France Gloster sort le dernier. — Pendant que Cordélia, immobile et suffoquée de sanglots, reste quelque temps mUette et la tète penchée sur la poi- I trine, le roi de France la contemple douloureusement; Gonerille et Régane la regardent avec ironie, en échangeant quelques mots à voix basse.

GLOSTER, à lui-même, au moment de sortir.

C'était prédit!... Le fils contre le père!... Et le père aujourd'hui contre l'enfant! — Prospère^ Douce Cordélia! — Kent n'est pas mieux traité : ji Votre crime à tous deux, c'est la sincérité !

Il sort.

i56 LE ROI LEAR.

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