‹ ThéâtreChapitre 107 sur 201 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

GONERILLE et OSWALD, âou intendant.

GONERILLE.

Est-il vrai que mon père, oubliant qui nous sommes, Ait frappé, ce matin, un de mes gentilshommes Qui châtiait son fou, malicieux vaurien, Dont l'esprit toujours mord et ne respecte rien?

ÔSWALD.

Madame, j'étais là.

GONERILLE.

Ce vieillard m'exaspère !

Depuis vingt jours qu'il est encore ici, mon père. C'est à n'y plus tenir! — Sans trêve, à tout moment, Un étrange caprice, un fol emportement!

Ce fantasque cerveau n'agit que par boutade!... Et, du matin au soir, quelque grosse incartade Qui met toute ma cour, nous tous en désarroi! -^ Entouré de sa garde, il se croit toujours roi : Ce château n'entend plus que l'éternel tapage

Page 1