ACTE II. i5q
De tous ces fainéants, chevaliers, bouffon, page. II faut que cela cesse! — Oh! si ma sœur voulait...
OSWALD
Madame, elle voudra.
GONERTLLE.
Jalouse comme elle est.
Me haïssant au fond, peut-être voudrait-elle Accaparer, tenir le vieillard en tutelle. Pour s'en faire un appui contre moi, — pour avoir A ses côtés, toujours, cette ombre du pouvoir?...
Mystérieusement.
Si je comptais vraiment sur elle, oh! je t'assure...
OSWALD, baissant la voix.
Vous comptez sur le duc ?...
GONERILLE.
Va, l'on n'est jamais sûre D'un homme... ambitieux. ~ Elle a notre secret!... Lui, qui n'a peur de rien, sur mon âme, on dirait Qu'il a peur d'elle! — Aussi, tu vois quel intervalle A mis entre nous deux ma prudente rivale? —
D'une voix sombre.
J'aurais dû me hâter ! — Quand je ne suis plus là, Cette femme reprend son empire... Voilà! Trop tard! Dix jours encore, et le vieux roi nous quitte Pour aller chez ma sœur.
Entre un courrier de Ré^ane.