ACTE IL
Du seigneur intendant, qui, je crois bien, le guette.
LEAR, avec menace.
Qu'on ne maltraite pas mon fou î... Je le défend.
Avec tristesse.
Ah! ah!... Depuis qu'on n'est plus roi, — le pauvre enfant N'est plus si gail
LE PAGE
Depuis que ma jeune maîtresse Pour la France est partie, — un noir chagrin Popprcssc.
LEAR, sévèrement.
Assez! — J'ai très-bien vu cela.
Au page.
Gour.î rappekr. .
Au chevalier.
Ma fille, — dités-lui que je veux lui parler;
Renti'c Oswald, avec le même air affairé que tout à l'heiire.
LEAR, appelant aVec cdlère.
L'ami ! l'ami!
Oswald continue sa route ; — Kent lui barre le passage. Lcal" à Oswald, impérieusement.
Plus près.
Oswald s'avance.
Qui suis-je donc ?
i OSWALD, avec un demi-salut plein d'impertinence;
Le perd De ma noble maîtresse.
Et toi, rusé compère^
iG8 LE ROI LEAR.
Insolent ! vil butor ! esclave !...
Le secouant par le bras.
Réponds donci Qu'es-tu? •
OSWALD
Je ne suis rien de tout cela, — pardon 1
LEAR
Tes yeux croisent les miens!... Vite! la tête basse!
Il le frappe.
OSWALD, arrogamment.
Seigneur! je ne veux pas être battu !...
Le Roi le frappe encore.
De grâce!
KENT, le jetant par terre.
Aimes-tu mieux baiser la poussière, manant?
LEAR, à Kent.
Courage, ami ! je t'aime encor plus maintenant. KENT, à Oswald, toujours à terre.
Debout, messire! Allons... décampe! — Je t'invite A n'oublier jamais les distances !... Pars vite ! —
Oswald se relève.
Si tu veux prendre encor la mesure d'un sot. Reste. — Mais non, détale! Et vite ! et pas un mot!
Il le pousse par les épaules.
LEAR, à Kent, en lui donnant sa bourse.. Camarade, merci ! — Voilà pour ton service. Entre le bouffon du Roi avec le page.