‹ ThéâtreChapitre 115 sur 201 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, moins OSWALD; ~ le BOUFFON.

LE BOUFFON , sans avancer.

Que je lui donne aussi des arrhes.

Il s'approche de Kent.

Tiens, novice :* jVIon bonnet d'âne.

II oftVe à Kent son bonnet.

LEAR, au bouffon avec joie.

Ah! ah I follet, te voilà donc?

LE BOUFFON, à Kent.

Il te coiffera bien. Prends-le ; je t'en fais don.

KENT

Ton bonnet! Pourquoi, fou?

LE BOUFFON

Parce qu'on te voit prendre

Le parti d'un joueur qui n'a plus qu'à se pendre.

Fi des gens ruinés! Le mal se gagne... Et puis,

Suivre un aveugle, c'est d'un fou!... Gare les puits! —

Prends mon bonnet, te dis-je.

Montrant Lear.

Entre autres peccadilles,

Ce bon père a banni ses deux plus tendres filles;

La troisième, une ingrate!... on le sait aujourd'hui, —

Notre homme l'a rendue heureuse... malgré lui!

Si j'avais deux bonnets d'âne,...

lyo LE ROI LEAR.

A Lear.

Tu prendrais l'autre, Cher oncle, et vous auriez alors chacun le vôtre.

LEAR, le menaçant.

Prends garde au fouet, coquin !

LE BOUFFON

Bien; fronçons le sourcil. - Vérité, pauvre chienne, on te fouaille au chenil, Tandis que le roquet hargneux, parfumé d'ambre, Au coin du feu s'étale, empoisonnant la chambre!

LEAR

Le petit scélérat! Toujours un coup de dent.

KENT

Le fait est, monseigneur, que c'est un fou mordant.

LE BOUFFON, à Lear; Sais-tu la différence^ ô toi que je vénère. Entre le fou mordant et le fou débonnaire? La sais-tu ?

Ndil.

LE BOUFFON

Tant pis !

• LEAR

Quelle est-elle?

Le bouFFO^;

Uil moment.

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