‹ ThéâtreChapitre 116 sur 201 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

C'est grave, écoute-moi religieusement.

11 tousse avant de commencer.

Ce from chauve, celui qui t'a conseillé, maître. De partager en deux ta couronne de roi, — Juste en face de moi, Qu'il veuille bien se mettre...

Ou prends sa place, toi.

Lear se met devant le bouffon.

Parfait! — Le fou mordant et le fou débonnaire, Nez à nez, les voilà !

Se désignant.

L'un bigarré, portant sa livrée ordinaire. Est ici.

Montrant Lear.

L'autre est Là.

LEAR

Quoi! tu m'appelles fou, drôle?..,

Ai-jc dit cela? — D'un ton solennel.

Bien des titres plus beaux, qui tous étaient les vôtres,

Vous les avez, seigneur, abandonnés à d'autres !

KENT

Ceci n'est pas folie entière.

LE BOUFFON

Non, ma foi!

Pas entière... Nos grands partagent avec moi. J'avais le monopole, — eh bien! tous ils me pillent;

Nos dames elles-même, — il faut qu'elles grappillent I On ne me laisse rien!... Je fais trop de jaloux! Il chante.

Messieurs les sages, plaignez-nous!

Les fous N'ont pas de vogue, cette année; La confrérie est ruinée, — Car votre cervelle est tournée; Si bien, que maintenant les fous, C'est vous!

LEAR

Toi donc, prends leur sagesse.

LE BOUFFON

Une belle antiquaille!

Gravement.

Noncle, sais-tu comment l'huître fait son écaille.'*

Non, mon enfant.

LE BOUFFON

Ni moi. — Mais le colimaçon, Je sais très-bien pourquoi, noncle, il a sa maison.

LEAR

Ah! tu sais. Pourquoi?

LE BOUFFON

C'est... pour y loger sa tête; Non pour l'abandonner à ses filles, la bête. Et laisser follement ses cornes sans abri.

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