CORNOUAILLES, OSWALD, LEAR, CORDÉLIA
LE CAPITAINE ET LES GENS DE l'eSCORTE.
Pendant qu'Oswald et Cornouailles s'entretiennent à voix basse dans la pénombre du théâtre, à gauche, Lear et Cordélia, éclairés par les torches que portent deux gardes, sont près de la poterne, à droite. Les soldats se tiennent derrière eux.
CORDÉLIA , à Lear.
Pauvre père!... Trahi!... Tu vois. — Courbons la tête!
Et puisque Dieu le veut, sa volonté soit faite! —
La victoire n'est pas toujours pour les meilleurs;
Elle aime les méchants! — Et sommes-nous, d'ailleurs.
Les premiers qui souffrons, dont la cause était jusie? —
C'est pour toi, saint vieillard, pour toi, victime auguste,
Que j'ai là dans mon cœur un sanglot!... Seule, moi.
Je braverais le sort qui m'outrage!... Mais toi,
Q.ue la fortune insulte et frappe sans relâche,
Quand je te vois souffrir, oh! je deviendrais lâche!
J'ai beau faire, je sens mon courage abattu, —
Je tomberais aux pieds de tes bourreaux! — Veux-tu
Que pour toi, pour toi seul, père, je les implore?... Mes sœurs...
LEAR, avec énergie.
Je ne veux pas!
CORDE LIA
Il en est temps encore :
Je les verrais.
LEAR
Non ! non !,..
CORDÉLIA, suppliante.
Pour toi !
CORNOUAILLES, à Oswald, en lui montrant les prisonniers.
Sans jugement! — Emmenez-les.
OSWALD, s'approchaut de Lear.
Venez.
LEAR, le repoussant d'un geste indigné.
Je vous suis !
CORNOUAILLES^ à OsAvald qui le consulte du regard.
Un moment.
LEAR, à Cordélia
Viens, ma fille, — en prison ! — Les oiseaux du bocage, Prisonniers, voient le ciel et chantent dans leur cage. Nous chanterons comme eux. — Lorsque, tendant les bras, Indulgente au vieillard, tu lui demanderas Sa bénédiction, — avant qu'il te la donne,