‹ ThéâtreChapitre 184 sur 201 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

KENT, ALBANY, le CHEVALIER, peuple,

SOLDATS, puis LEAR.

ALBANY, mo:itrant la citadelle.

Dieux! quels gémissements I

Tout à coup, Lear apparaît sous les voûtes sombres de la citadelle. 11 tient sa fille morte dans ses bras. Les cris et les rumeurs cessent aussitôt. C'est un profond silence de stupeur. — Lear traverse la foule, qui s'dcarte et recule, muette, à mesure qu'il avance. — Il arrive à pas lents sur le devant de la scène, puis, couchant le cadavre à terre, il se met à genoux près de lui, dans un morne sile.ice. Enfin sa douleur éclate.

LEAR

Des larmes! Des sanglots! Des cris! Des hurlements!... Désespoir! Désespoir!

Se tournant vers ceux qui l'environnent.

Que de votre paupière

S'élancent des torrents de pleurs! — Hommes de pierre,

Si j'avais, moi vieillard, vos bouches et vos yeux,

Mes larmes et mes cris, bondissant jusqu'aux cieux.

En briseraient la voûte! — Elle s'en est allée,

Pour toujours! pour toujours, ma colombe envolée!...

Pour toujours! — Quoi! si jeune, elle est partie avant

Le vieillard !... Oh!...

Penché sur le corps de sa fille, il la considère en silence, d'un regard fixe et profond.

Je sais, moi, quand on est vivant!...

Je sais quand on est mort!... Laissez, laissez-moi faire!... Je saurai bien ..

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