ACTE TROISIÈME
ou deviné les secrets de mon existence, trouvez-vous que je *ois en état de grâce suffisante pour le mariage? Le milieu où je suis a allumé dans ma tête et dans mon sang des ardeurs funeste?, soit! mais vous ne les éteindrez pas avec un verre d'eau. Faites plutôt la part du feu, dans l'intérêt même de Marie; je l'épouserai un jour...
LA COMTESSE
Non! tu ne l'épouseras pas! Tu feras un mariage d'argent; voilà où tu vas.
JEAN
Je viens de refuser une dot d'un million cinq cent mille frimes.
LA COMTESSE
Tu l'accepteras demain! Du mépris de l'amour au mépris du mariage, il n'y a qu'un pas. Au nom du ciel, entends-moi! Ecoute ta vieille amie! Si c'est trop que te demander un retour définitif, accorde-nous un mois, accorde-nous huit jours! Viens te retremper dans l'atmosphère de la famille. Si la pure lumière de ta vie d'autrefois ne chasse pas de ton cerveau troublé les hallucinations de la fièvre, eh bien! tu nous quitteras... et cette fois pour toujours... Tu ne peux pas me refuser cela!
JEAN
Je ne peux rien vous refuser, ma mère!
Nous partons ce soir...
JEAN
Je vous rejoindrai dans le courant de la semaine.
LA COMTESSE
Non! Pars avec nous... aulrcmcnt tu ne partirais pas!
JEAN
Mais... ce soir, c'est bien court...
LA COMTESSE, lui mettant ses bras autour du cou.
Je t'en supplie!. ..fais-moi la grâce tout entière! Je ne vivrais pas là-bas jusqu'à ton arrivée... Laisse-moi emporter mon trésor avec moi!
JEAN, lui prend la t<He dans les mains et l'embrasse.
A quelle heure partez-vous?
LA COMTESSE
A huit heures.
JEAN
Vous me trouverez à la gare.
LA COMTESSE, le couvrant de larmes et de baisers.
Merci, mon enfant bien-aimé! Je savais bien que je te sauverais... Je cours porter cette bonne nouvelle à ton père. Ah! ce moment nous paie bien des heures sombres... A bientôt.
JEAN
A bientôt.
LA COMTESSE, sur la porte.
A huit heures,
JEAN
A huit heures. (Elle sort.)