L'ABBÉ, PAUL, RENÉE
RENÉE, entrant de la gauche, va à Paul d'un air tendre et empressé. Bonjour, mon ami! comment vous sentez-vous ce matin?
PAUL, d'un air un peu contraint.
Bien' je vous remercie.
RENÉE
Ainsi, vous ne souffrez pas de votre blessure?
PAUL
De ma blessure? Oh ! nullement.
RENÉE, d'un ton pénétré.
Ah! tant mieux! tant mieux! Pourtant, vous êtes encore bien pâle: et puis, cet air triste et soucieux, que vous n'aviez pas autrefois, et qui, maintenant, ne vous quitte plus! Auriez-vous quelque préoccupation que j'ignore?
Aucune.
RENÉE
Je n'ai rien fait qui ait pu vous déplaire?
PAUL
Oh! absolument rien.
RENÉE, à part.
C'est étrange! (Temps de silence contraint de part et d'autre. liant.) Vous savez, mon ami, qu'il n'est bruit dans le pays que de votre conduite sur le champ de bataille?
PAUL
Ah! (a part.) J'en suis bien aise.
l'abbé.
Et, ce qui semblait impossible, M. le marquis vient encore d'ajouter à l'éclat de son nom.
PAUL
Oui!