‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 85 sur 210 · Suzanne, Germaine · texte numérisé non relu

Suzanne, Germaine

SU2 \nni:.

Celui dont vous avez prononcé le nom tout à l'heure et qui doit arriver avec monsieur?

GERMAINE

Précisément. — Il faut vous dire que madame n'a jamais pu voir une arme à feu sans frissonner; et elle suppliait sans cesse son mari de ne plus chasser. Elle y mit, cette fois, tant d'insistance, que monsieur, qui est le meilleur des hommes, lui promit do ne pas aller à cette partie et de renoncer à la chasse à tout jamais. On convint seulement qu'il irait dîner au château, avec son fils.

SUZANNE, étonnée.

Son fils?... Le petit Marcel? Il y a quatre ans?

GERMAINE

Non, pas celui-là, puisqu'il n'était pas encore né. L'autre!

SUZANNE

Quel autre?

GERMAINE

Laissez-moi donc finir. On avait mis à l'enfant ses plus beaux habits... 11 en était tout brave et tout joyeux, le cher petit!... Et il fut la gaieté du repas. On alla ensuite fumer sur la terrasse. Et le ciel étant un peu couvert, ces messieurs s'amusèrent à tirer les martinets qui volaient bas, comme il arrive quand le temps est à l'orage. (Avec effort.) Oubliant sa promesse, mon maître prit un fusil à son tour..., et, par une fatalité qu'on n'a jamais pu s'expliquer, le pauvre père.

SUZANNE

Quoi!... il a tué?

GERMAINE

Oui, Suzanne. (Elle tombe sur un fautenil, à gauche de la table.) SUZANNE.

Ah! le malheureux!

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