ACTE TROISIÈME. &à
Je dis, monsieur le baron, qu'en tuant ce sanglier je n'ai sauvé absolument que moi. Vous étiez à quinze pas de la bêle...
DOROTHÉE, au baron.
Derrière un petit mur. Je vous ai bien vu du fond de la calèche.
LA MARGRAVE, bas, à Dorothée.
Taisez-vous ! (Haut.) Ils sont rares, cher baron, les créanciers assez délicats pour nier leur créance.
LE BARON
Très-rares.
FRANTZ
Pas plus que les débiteurs imaginaires, monsieur le baron.
LE BARON
Prenez garde, mon cher! si vous niez si obstinément mon danger, on finira par croire que la peur m'avait troublé l'esprit, et votre délicatesse tournera à ma confusion.
FRANTZ
Allons, monsieur le baron, puisque vous le voulez... je vous ai sauvé la vie.
FRÉDÉRIQUE, bas, à Spiegel.
Et ces gens-là n'ont pas un plan?
SPIEGEL, bas.
Bah!
FRANTZ
Mais comment cette fable... je veux dire cette histoire, est-elle arrivée jusqu'à Munich ?
LE BARON
Je l'ai racontée à quelques gentilshommes du voisinage, à qui je n'ai pas demandé le secret.
F RÉ DÉ RI QUE, bas, à Spiegel.
Je jurerais que c'est lui qui a envoyé la note au journal.
SPIEGEL, bas.
A quoi bon ?
FRÉDÉRIQUE, bas.
Nous ne le saurons que trop tôt.
LE BARON, àFrantz.
Ah rà! mon jeune ami, je vous présente aujourd'hui chez le feldmarëchal. Il a toute la noblesse des environs à sa fèie; on va vous complimenter sur votre courage; n'allez pas faire le modeste, au moins, car ce serait à mon détriment.
LA MARGRAVE
D faut VOUS résigner à cette ovation.
FRANTZ
Ce sera un triomphe à peu de frais ; mais, puisque M. le baron l'exige, je triompherai.
LA MAI.ÙRAVE.
Vous triompherez deux fois ! — Car c'est à cette fête, mademoiselle, que M. Frantz doit anno.icer son mariage avec vous.
FP JDÉRIQUE.
Qu'importe mon mariage à cette noble société!
J A MARGRAVE
Pardonnez -moi, mademoiselle, on s'en occupe. On vous sait gré d'avoir retardé votre bonheur d'un mois, par respect pour la mémoire du coriite Sigismond.
i-KÉDÉRIQUE.
C'était la seule façon que nous eussions de porter son deuil, et l'idée nous en fût venue, quand même vous ne nous l'eussiez pas suggérée.
LA MARGRAVE
J'en suis si convaincue, que je vous en ai laissé tout l'honneur, et voilà ce dont le monde vous sait gré.
VRANTZ.
Serez-vous assez bon, monsieur le baron, pour m'emmener dan? votre voiture? car je n"ai trouvé ici que des carrosses antédiluviens.
LE BARON
Très-volontiers.
LA MARGRAVE
E=l-ce que vous n'allez piis remonter votre maison?