ACTE TROISIÈME
FRANTZ
Pardoiinez-moi, madame. Le comte Sigismond m'a laissé beaucoup à faire à cet égard. Je compte d'abord remplacer ses domestiques, qui sont véritablement impossibles.
FRÉDÉRIQUE
On va chasser ces vieux serviteurs ?
Leè chasser? Non pas. Je les renvoie à leurs métairies ; car la plupart sont de vrais paysans. J'en garde quelques-uns, les plus vieux.
LA MARGRAVE
Oui, les serviteurs à tête blanche font bien dans une grande maison.
FRANTZ
Je voudrais vous soumettre une question très-grave. — Aurai-je un huissier dans mon antichambre ?
LA MARGRAVE
Oui, cela aurait bon air.
FRANTZ
Frac noir, chaîne d'argent, épée à poignée d'acier.
LA MARGRAVE
Savez-vous, monsieur Frantz, que vous avez très-bon goût. Où avez-vous appris toutes ces futilités de la vie des grands seigneurs?
LE BARON
C'est dans le sang, ces choses-là. Notre ami est un gentilhomme changé en nourrice.
FKANTZ.
Ah! monsieur le baron!...
FRÉDÉRIQUE, bas, à Spiegel.
Vous voyez, Spiegel, il est flatté du compliment.
Youdriez-vous qu'il s'en fâchât ?
LE BARON
Et vos équipages, sont-ils commandés?
éi LA ËIÈRRE DE TOUCHE.
FRANTZ
Pas tous... l'indispensable seulement: une berline, un landau, ifli tilbury, un briska, un char à bancs...
SPIEGEL, à part.
Et un char de triomphe à quatre places.
LE BARON
Et que metiFa-t-GQ sur les panneaux ?
FRANZ
J'avais bien songé à une devise ; mais elle est peut-être trop ambitieuse.
LE BARON
Voyons-la.
FRANTZ
IpSIUS ATA vus. (Se touruant vers la margrave.) AocêtFe de soi-même, son propre ancêtre.
LA MARGRAVE
C'est très-joli.
DOROTHÉE
Mais ce n'est pas possible ! . . .
Devise ôère et Modeste à la fois ! Je l'envierais si je n'avais la mienne.
FRANTZ
Le vôtre, monsieur le baron?
LE BARON
Sanguine solvam... Je paye avec mon sang.
SPIEGEL, à part.
Ça fait bien la jambe à ses fournisseurs.
FRANTZ
Elle est superbe, en effet.
DOROTHÉE
Pourquoi M. Frantz ne prend-il pas des armes de fantaisie? Par exemple, une lyre soutenue par deux aïigcs.