ACTE II, SCENE IX
Vous remplacerez ces deux potages inconnus par la bonne soupe grasse avec des légumes sur une assiette.
VATEL
Comment, monsieur?
POIRIER
Je le veux. Continuez !
VATEL
Relevé. La carpe du Rhin à la Lithuanienne, les poulardes à la Godard... le filet de bœuf braisé aux raisins, à la Napolitaine, le jambon de Westphalie, rôtie madère.
POIRIER
Voici un relevé plus simple et plus sain : la barbue sauce aux câpres... le jambon de Rayonne aux épinards, le fricandeau à l'oseille, le lapin sauté.
VATEL
Mais, monsieur Poirier... je ne consentirai jamais...
POIRIER
Je suis le maître ici... entendez-vous? continuez!
VATEL
Entrées. Les filets de volaille à la concordat... les croustades de truffes garnies de foie à la royale, le faisan étoffé à la Montpensier, les perdreaux rouges, farcis à la bohémienne.
POIRIER
A la place de ces entrées, nous ne mettrons rien du tout , et nous passerons tout de suite au rôti, c'est l'essentiel.
V\TEL
C'est contre tous les préceptes de l'art.
Je prends ça sur moi : voyons vos rôtis.
VATEL
C'est inutile, monsieur, mon aïeul s'est passé son épée au travers du corps pour un moindre affront, je vous doime ma démission.
POIRIER
J'aîîiiîs vous la demander, mon bon ami ; mais comme oc a huit jours pour remplacer un domestique...
VATEL
Un domestique 1 monsieur, je suis un cuisinier.
POIRIER
Je vous remplacerai par une cuisinière. En attendant, vous êtes pour huit jours encore à mon service, et vous voudrez bien exécuter le menu.
VATFL.
Je me brûlerais la cervelle plutôt que de manquer à mon nom.
POIRIER , à p&rt.
Encore un qui tient à son nom ! (Haut.) Brûlez-vous la cervelle, monsieur Vatel, mais ne brûlez pas vos sauces... Bien le bon jour. (vat€i»ort.) Et, maintenant, allons écrire quelques invita lions à mes vieux camarades de la rue des Bourdonnais. Mon gieur le marquis de Presles, on va vous couper vos talons rouges
11 sort en fredoanaDt le premier couplet de Montdeui et Madame Deoi».
oo»> CC<'