SCENE IX
Les Mêmes, GASTON.
POIRIER
Vous cherchez quelque chose , monsieur?
GASTON
Oui f une lettre.
POIRIER
De madame de Montjay. Ne cherchez pas , elle est dans ma poche.
GASTON
L'auriez- vous ouverte , par hasard ?
POIRIER
Oui , monsieur, je l'ai ouverte.
GASTON
Vous l'avez ouverte ? Savez-vous bien , monsieur, que c'est une indignité? que c'est l'action d'un malhonnête homme.
Monsieur le marquis!... Poirier !
POIRIER
n n'y a qu'un malhonnête homme ici , c'est vous I
GASTON
Pas de reproches ! En me volant le secret de mes fautes, vous avez perdu le droit de les juger ! Il y a quelque chose de plus inviolable que la serrure d'un coffre-fort, monsieur, c'est le cachet, d'une lettre, car il ne se défend pas.
VERDELET, à Poirier.
Qi;-;5l-ce que je te disais?
POIRIER
C'est irop l'on. Un père n'aurait pas le droit I... Mais je sm
bien bon de répondre ! Vous vous expliquerez devant les tribu- Dauj^ , monsieur le marquis.
VERDELET
Les tribnnauï l
POIRIER
Ah ! vous croyez qu'on peut impunément apporter dans nos familles l'adultère et le désespoir? Un bon procès , monsieur 1 un procès en séparation de corps !
GASTON
Un procès ? où cette lettre sera lue?
POIRIEB.
En public , oui , monsieur, en public.
VERDELET
Es-t» fou. Poirier? un pareil scandale !
GASTON
Mais, VOUS ne songez pas que vous perdez une femme 1
POIRIER
Vous allez me parler de son honneur peut-être ?
GASTON
Oui, de son honneur, et si ce n'est pas assez pour vous, sachez qu'il y va de sa ruine...
POIRIER
Tant mieux, morbleu, j'en suis ravi ! Elle ne sera jamais trop punie, celle-là I
GASTON
Monsieur...
POIRIER
En voilà une , par exemple , qui n'intéressera personne ! Prendre le mari d'une pauvre jeune femme après trois mois de mariage 1
GASTON
Elle est moins coupable que moi, n'accusez que moi...
POIRIER
Si vous Cz-oyez que je ne vous méprise pas comme ie oer nier des derniers'.... N'étes-vous pas honteux? sacrifier une femme c'aarmante... Que lui reprochez-vous? Trouves-lui un défaut, un