HÉLÈNE, RAOUL, LE MARQUIS, LA BARONNE
(Jasmin, au fond, avec deux laquais à la livrée du Marquis.)
LE MARQUIS
Bonjour, bonjour. Baronne.
LA BARONNE
Bonjour, bonjour, heureux père.
RAOUL , à Hélène.
Mademoiselle...
HÉLÈNE, lui tendant la main.
Bonjour, Raoul.
LE MARQUIS
Venir si tard... cruelle amie!... Et vous, jeune homme, et vous!... — Jasmin, le déjeuner.
JASMIN
Il est servi , monsieur le marquis.
LE MARQUIS.'
A table, donc! Madame la baronne à côté de son vieil ami: Hélène auprès de son fiancé. Gronde-le, ma fille. De mon tempi vive Dieu ! la jeunesse était plus alerte ; quand il s'agissait de coix-
1, Hélène, le Marquis, Jasmin.
t. Les laquais sont entrés derrière la Baronne , ils avancent la table du déjeiiner au ii> lieu du théâtre, pendant que les principaux acteurs sont sur le devant de la scène.
3. Le Marquis renaonte et prend le milieu de table à gauche; la Baronne traverse b scène et embrasse Hélène sur le front. Les acteurs sont placés dans l'ordre suivant : 1« Baronne, le Marquis, Raoul, Hélène. Jasmin est debout à la droite du Marquis; les laquais, derrière Raoul.
rir un cerf sous les yeux d'une belle, c'est moi qui éveillais l'aurore.
LA BARONNE
Mes bons amis, si Raoul s'est fait attendre, ne vous en prenez qu'à moi seule. Marquis, je ne verrai pas vos exploits d'aujourd'hui,
LE ilARQUIS.
Comment cela? — Jasmin, du perdreau !
LA BARONNE
Hier soir, en vous quittant, j'étais déjà souffrante. J'ai passé une horrible nuit.
LE 3IARQUIS.
Vrai Dieu ! Madame, il n'y paraît pas ; fraîche comme un bouquet cueilli dans la rosée d'avril. — Jasmin, à boire, du Sauterne ! Remplis donc le verre, maraud , verse comme si c'était pour toi. (// boit. ) Moi , j'ai une santé de fer. LA BARONNE, souriaut.
Grand bien me fasse !
Eh bien ! mon jeune savant, qu'avons-nous découvert ce matin? un papillon, un scarabée, un brin d'herbe?
EAOUL.
Vous l'avez dit , monsieur le marquis, un brin d'herbe ; mais ce brin d'herbe manquait à mon herbier.
LE MARQUIS
Un jour de chasse, s'occuper de végétaux... Que le grand saint Hubert lui pardonne! Voilà, Baronne, les beaux résultats de l'éducation que vous avez donnée à votre fils ! D'un gentilhomme avoir fait un savant, entouré d'in-folios, d'oiseaux empaillés, d'alambics et de cornues !
RAOUL
Le temps des grandes guerres est passé, monsieur le marquis. Le règne de la force brutale ne reviendra pas. C'est aux arts, c'est à la science qu'appartient désormais le droit de gouverner le monde. Comme autrefois aux croisades, il convient que la noblesse, sous peine d'abdiquer, se montre au premier rang dans les conquêtes de rinteliisence.
LA BARONNE
Oui , à condition que les nouveaux croises ne ;omprora éliront