ACTE 11, SCÈNE VI
MUREL.
Ce n'est peut-être pas trop délicat ce que vous faites.
CRUCHET. Pourquoi ?
MUREL.
Ni même prudent; car on dit que vous lui avez autrefois emprunté...
GRUCHET.
On le dit? Eh bien....
MUREL.
Il faudrait d'abord lui rendre la somme.
CRUCHET.
Pour cela, il faudrait d'abord que vous me rendiez ce qui m'est dû, vous! Soyons jiisles I
MUREL.
Ah! devant les preuves de mon dé\ouement, et à l'instant même où je vous gratifie d'un excellent conseil, voilà ce que vous imaginez ! Mais, fans moi, mon bon Iionime, jamais de la vie vous ne seriez élu ; je m'éreinte, bien que je n'aie aucun intérêt...
CRUCHET.
Qui sait? Ou plutôt je n'y comprends goutte ; tour à tour, vous me poussez, vous m'arrêtez !
84 l.E CANDIDAT,
Ce que je dois à Roiisselin ? les autres aussi feront des réclamations! On n'est pas inépuisable. Il faudrait pourtant que je rentre dans mes avances ! Et la note du café qui va être terrible, — car ces farceurs-là boivent, boivent! — Si vous croyez que je n'y pense pas ! C'est un gouffre qu'une candidature!
A Hambourg, qui entre. Hombourg ! quoi encore?
HOMBOURG
Le bourgeois est-il là?
GRUCHET.
Je n'en sais rien !
HOMBOURG
Un mot? Je possède un petit bidet cauchois, pas cher, et qui vous serait bien utile pour vos tournées électorales ?
GRUCHET.
Je les ferai à pied ; merci !
HOMBOURG
Une occasion, monsieur Cruchet!
GRUCHET.
Des occasions comme celles-là, on les retrouve!