ACTE III , SCÈNE IV. I
pas mal d'inllutince ! Si vous me remettiez le papier en question, on pourrait s'entendre.
ROUSSELIN
Sur quoi ?
GRUCHET.
Je lâcherais les électeurs.
ROUSSELIN
Et si je ne suis pas nommé?... Je perds mon argent I
GRUCHET.
Vous êtes trop modeste !
ROUSSELIN
Hein?
A votre guise? Jusqu'à la dernière minute, il sera temps ! Mais je vous répèle que vous avez tort!
// se dirige vers la gauche .
ROUSSELIN
OÙ allez-vous donc par là ?
GRUCHET.
Dans ce cabinet, où mon ami Julien doit être à travailler sur le procès-verbal de la séance. Je vous assure que vous avez tort 1
// sort.
scè:Ke V
ROUSSELIN, pals MUREL.
ROUSSELIN
Est-ce un piège, ou serait-ce la vérité? Quant à Murel, c'est un sauteur qui faisait tout bonnement une spéculation. Oh ! je m'en doutais un peu ! Mais, à présent, je ne vois pas pourquoi je me gênerais ; il a perdu son crédit sur le peuple, et ma foi...
MUREL, entre joyeux.
Pardon de vous avoir quitté si vite ! Je viens de chez Dodart. Quel événement, mon cher! Un bonheur 1...
ROUSSELIN
Ah ! vous en faites de belles ! Je suis obligé de recevoir vos. créanciers. Gruchet exige trente mille francs !
MUREL.
La semaine prochaine, il les aura !
ROUSSELIN
Encore vos forfanteries I Jamais vous ne doutei de rien!... De même pour ma candidature! On n'est pas en vérité moins habile j et vous auriez dû plutôt...
ACTEIII.SCèNEV. 147
MUREL.
Soutenir Gruchet, n'est-ce pas?
ROUSSELIN
C'est tout comme ! l'Impartial, depuis huit jours, n'a rien fait.
MUREL.
J'étais en voyage ; et je suis revenu sans même attendre...
ROUSSELIN
Mauvaise excuse!
MUREL.
La réclamation de Gruchet est une vengeance. Je me perds à cause de vous ; heureusement que. . .
ROUSSELIN
Quoi donc !
MUREL.
Vous m'avez, en quelque sorte, promis la main de votre fille...
Oh! oh! entendons-nous!
MUREL.
Mais vous ne savez donc pas que je viens d'hériter !
ROUSSELIN
De votre taïue, peut-être?
MUREL.
Certainement !
ROUSSELIN
La plaisanterie est rebattue.
MUREL.
Je vous jure que ma tante est morte!
ROUSSELIN
th bien! enterrez-hi, et ne me bernez pas avec vos histoires d'héritage.
MUREL.
Rien de plus vrai ! Seulement, comme la pauvre femme a trépassé depuis mon départ, on cherche si quelquefois un autre testament...
ROUSSELIN
Ah! il y a des sil Eh bien, mon cher, moi, j'aime les gens sûrs des choses qu'ils disent et entreprennent.
MUREL.
Monsieur Rousselin, vous oublie/ trop ce que je puis faire pour vous !
Pas grand'chose! L«'s ouvriers ne vous écoutent plus !