‹ Théâtre légendaireChapitre 17 sur 74 · SCE'H.E IV ZAB, BARBAZE · texte numérisé non relu

SCE'H.E IV ZAB, BARBAZE

BARBAZE.

Entre nous, mon ami, qu'est-ce qui vous tourmente?

ZAB

Rien.

J'y perds mon latin. Votre femme est charmante.

ZAB

11 se peut.

BARBAZE.

Tout est fait pour vous rendre heureux.

ZAB

Oui.

BARBAZE.

Vous devriez avoir le cœur épanoui.

Je l'ai.

Bien vrai ?

ZAB

Bien vrai.

Pourtant, Dieu vous bénisse, Vous m'avez plutôt l'air de couver la jaunisse.

ZAB

C'est mon teint naturel.

Il veut s'éloigner.

Quelle humeur aujourd'hui!

Soyez sincère, Zab. Avez-vous un ennui D'argent? Mille florins, c'est une forte somme. Peut-on vous obliger?

ZAB, lui serrant la main.

Vous êtes un brave homme.

Je donne un bon conseil quand on en a besoin.

ZAB

Eh bien!.,.

// regarde avec défiance autour de lui. Sommes-nous seuls?

Seuls. Tout le monde est loin.

ZAB

J'ai peur des gens. Mais vous, assurément, vous êtes Trop vieux et trop vilain pour faire des conquêtes. Barbaïf, vexe', fait mine de quitter Zah qui le relient. Ma femme...

B A R B A z E , intéirsse, à pari .

Ah! ah!

ZAB, piteusement.

Je suis pour elle un étranger.

Aurait-elle encor droit à la fleur d'oranger?

ZAB

Oui.

BARBAZE.

Vous plaisantez.

ZAB

Non.

BARBAZE, se Contenant pour ne pas rire.

Zab, vous me faites peine.

ZAB

Elle a pleuré d'abord comme une Madeleine.

BARBAZE.

Ça pleure à volonté, les femmes.

ZAB

J'ai voulu La consoler.

C'était votre droit absolu.

ZAB

Alors, elle s'est mise à rire.

Et vous.'

ZAB

Ma tète, Barbaze, la faisait pouffer. J'en restais bête.

Moi, j'aurais tout brusqué, sans jouer au plus fin.

ZAB

Devinez ce qu'a dit l'effrontée, à la fin. C'est incroyable.

BARBAZE.

Bah!

ZAB

« Monsieur, ine lança-t-elle, La princesse est pour moi, qui l'admire, un modèle. Vous savez quelle épreuve à tout galant seigneur Elle impose. Je vous ferai le même honneur. Voulez-vous qu'à vos feux j» devienne propice? Auparavant, passez le pont du précipice! »

BARBAZE.

Elle a le diable au corps.

« Mais, a-t-elle repris,

Outre qu'un bon cheval est toujours d'un haut prix,

En équitation vous êtes un profane.

Donc, pour ce bel exploit, mon vieux, prenez un àne. »

BARBAZE, riant malgré lui.

Un âne!

ZAB

Vous trouvez ça drôle?

BARBAZE.

Presque pas.

Fouquette vous a mis dans un fort mauvais pas.

ZAB

Si je divorçais?

BARBAZE.

Oh!

ZAB

Tant de froideur m'atterre,

BARBAZE.

Pour divorcer, il vous faudrait un adultère Flagrant, et constaté par des gens très malins.

ZAB

Rentrerais-je du coup dans mes mille florins?

BARBAZE.

La moitié seulement vous serait, par justice. Allouée aussitôt sur les biens du complice, Qui devrait épouser Fouquette, d'autre part.

Supposons-le déjà marié, le pendard.

Le cas entraînerait un deuxième divorce.

ZAB

Qu'on soit plus généreux, s'il faut à toute force Que nous en venions là! Vous dites la moitié De mon argent. Mettons les trois quarts.

Sur un geste négatif de Baiha\e.

Par pitié !

Je n'y puis rien.

ZAB

Songez qu'elle n'est pas encore...

J'entends. L'autorité, mon cher Zab, en ignore.

ZAB

Ce n'est pas juste. A quoi sert donc l'autorité?

Zah se prend la tète avec desespoir et s'éloigne à grands pas.

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