‹ Théâtre légendaireChapitre 22 sur 74 · SCE'K.E II · texte numérisé non relu

SCE'K.E II

Les Mêmes, JAPIOT, FOUQUETTE.

Japiot et Fouquette paraissent en même temps, celle-ci d'un côte, ce.uilà de l'autre; ils sont vêtus, Japiot en valet du prince Lotbaire, et Fouquette en suivante de la princesse Rolande.

JAPIOT, allant à Vivien.

Le prince est là, chez lui, sollicitant l'honneur De vous y recevoir un instant, monseigneur.

VIVIEN, à Japiot.

Je m'y rends sans tarder.

FOUQUETTE, abordant Vivien à son tour.

Monseigneur, la princesse A votre attention délicate s'adresse Et compte vous trouver seul, tout à l'heure, ici.

VIVIEN, à Fouquette.

Son désir est un ordre.

Vivien et Noélie sont introduits che:( le prince Lotbaire par Japiot, qui s'incline profondément à leur passage, puis revient vite vers Fouquette.

SCEn.E III JAPIOT, FOUQUETTE, puis BARBAZE.

JAPiOT, voulant nnhrasser FouqucUe.

Enfin !

FOUQUETTE, SC llêfcudlVlt.

Non! JAPIOT, même jeu.

Si!

FOUQUETTE, »/mf;Vî/.

Non!

JAPIOT, itiénie jeu.

Si!

Bé! nous voilà dans les honneurs; sois moins maussade.

Il îi! presse; elle va céder, quand survient Baihaie qui s'interpose; et c'est Barbaïc qu'embrasse Japiot en voulant embrasser Foiiquette.

BARBAZE, à Japiot tout interloqué.

C'est très gentil; tu m'as rendu mon embrassade. Où donc, farceur, brûlait ton effroyable feu? Parle!

OÙ donc, en effet? Rappelons-nous un peu. Ah! j'y suis! C'est de Zab que je tenais la chose.

De Zab! A-t-il perdu la tête?

JAPIOT.

Je suppose Que c'est la jalousie. Il connaît votre goût; Et pour que vous lâchiez Fouquette, il fit le coup.

BARBAZE.

Il me le paiera.

. JAPIOT, à part, riant.

Bé!

SCE'K.E IV Les Mêmes, ZAB, puis GORDANE.

ZAB, entrant et apercevant Fouquette.

La voilà! qu'on l'arrête!

C'est ma femme.

BARBAZE, giflant Zah.

Prends ça d'abord, vilaine bête!

ZAB

Quoi?... Vous !...

BARBAZEj le gijlaiit sur l'autre joue.

Encaisse encor cet acompte !

ZAB

Au secours!

Et va-t'en voir si ma maison brûle toujours!

ZAB

Sa maison !

BARBAZE .

Ne fais pas i'ignorant.

ZAB, reculant avec terreur .

Qu'est-ce à dire?

Pitié, seigneur Jésus! Barbaze a le délire.

Japiot, qui essaie de s'esquiver, se trouve «q à tie:( avec Gordane qui entre.

GORDANE, à Japiot.

Attends, gredin! Je vais t'arracher les deux yeux.

JAPIOT.

Y verras-tu plus clair, t'en porteras-tu mieux?

Elle veut se jeter sur lui. Barha-e écarte Gordane et tache de la cahner.

ZAB, retenant Fouquetle qui veut partir. Halte!

Montrant Japiot avec mépris.

Ainsi vous choyez ce fat qui se pavane, Ce filou qui devint le mâle de Gordane

lib:\e,s co:u:^s 99

Pour toucher l'or dont j'ai payé vos beaux refrains. Il me déroberait deux fois mille florins!

Furieux de voir que Japiot le regarde et l'écoute ironiqiietneitt. Mais je porterai plainte aux juges.

FOUQU ETTE.

La justice Vous transformera-t-el!e en objet de délice?

ZAB

Coquine! Il faudra donc solder un spadassin Pour te défigurer ou te percer le sein ?

JAPIOT, à part.

Ça chauffe.

FOUQUETTE.

Ah! vous voulez que l'on me défigure!

Je sais un ferrailleur de fort belle stature, Lequel m'adore, et, pour un tout petit baiser De moi, s'empressera, Zab, de vous enfoncer Sa lame sans pareille, à cinq ou six reprises. Dans le ventre, avec les façons les plus exquises.

ZAB, intimidé.

Fouquette!

FOUQUETTE.

Je vous plains.

ZAB

Est-ce sérieux, dis ?

FOUQUETTE.

Me défisurer !

ZAB

Non!

FOUQUETTE.

Allez, chef de bandits!

ZAB

Je ne suis pas méchant, pas du tout.

FOUQUETTE.

Que serait-ce, Bon Dieu, si vous l'étiez?

C'est l'excès de tendresse.

Calme-toi, mon trésor, je t'en prie à genoux. // s'agenouille devant Foiiqttcilc.

JAPIOT, à part, riant.

Bé!

BARBAZE, appelant Japiot auprès île Gordane qu'il vient d'endoctriner.

Japiot!

JAPIOT, à Barbare.

Quoi?

BARBAZE.

Viens.

Japiot rejoint Barbare et Gordane.

Réconciliez-vous.

C'est dans votre intérêt.

Barbare réunit paternellement Japiot et Gordane.

GORDANE, voulant se jeter au cou de Japiot. Je t'aime trop.

JAPiOT, l'a ne tant.

Sois digne.

G o R D A N E , avec un soupir.

Mais au moins baille-moi quelque argent.

JAPIOT.

Mauvais signe!

GORDANE.

Je meurs de faim.

JAPIOT.

Qui ? Toi ! N'es-tu pas grasse à lard ?

GORDANE.

Je vis de charité.

JAPIOT.

Bë! C'est un fort bel art.

Continue.

GORDANE, reprise de colère.

Et nos gros sacs d'or iront aux filles !

JAPIOT.

Ils m'ont trop fait peiner pour que tu les gaspilles.

GORDANE.

Tout à cette Fouquette, à ce balai roussi!

FOUQUETTE, qui s'cst rapprochée d'eux avec Zah. Tu mens.

GORDANE.

Je te méprise.

I02 THEATRE LEGENDAIRE

BARBAZE, séparant les deux fevnnes qui senihleii! voidoir en venir aux mains.

Assez! il faut ici Filer doux.

ZAB, rt Japiot.

Je pourrais transiger.

JAPIOT.

A quel titre ?

ZAB

Rends-moi l'argent.

JAPIOT.

Jamais!

Japiot et Gordanc menacent Zah qui recule.

BARBAZE, intervenant.

Prenez-moi pour arbitre.

D'abord, confiez-moi Fouquette et les florins.

JAPIOT.

La belle et l'or!

ZAB, à Barha~e.

A vous ?

FOUQUETTE, auniènic.

Traître!

GORDANE, au même.

Fourbe à tous crins!

A grand bruit ils rudoient Barha:(e. Lothaire paraît à la porte de ses appartements.

LIBRÏS COEURS lO^

SCE'KE V Les Mêmes, LOTHAIRE.

BARBAZE, à Lothaire.

Ah, monseigneur !

LOTHAI RE.

Sortez. Plus de clameurs pareilles!

Ou je vous fais cpuper à tous les deux oreilles.

Quand ils eut tous déguerpi, Lothaire retourne à la porte de ses appartements, soulève la tapisserie, et introduit en scène Vivien avec Noélie.

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