SCE'K.E X
Les Mêmes, FLORUS et sa Suite, BARBAZE,
Gardes et Gens du Peuple, puis VIVIEN,
LOTHAIRE et NOÉLIE.
ROLANDE, allant à Flonis.
Ah! grand-père, grand-père!
Florus lui ouvre ses bras cl la presse sur son cœur; puis elle reprend, dans une e^usion.
Il faut m'ètre clément; Pardonnez-moi, car j'ai souffert atrocement. C'est que je l'aime, lui! Puisqu'il vit, je suis forte; Mais si le sort l'avait trahi, j'en serais morte.
Ma fille, louons Dieu jusque dans sa rigueur. Même quand il nous frappe, offrons-lui notre cœur;
Il a fait du rocher jaillir la source vive,
A Vivien, qui, aux acclamations de la foule, est entré avec Lothaire et Noe'lie.
Cher prince, vous qu'avait béni ma voix craintive, Approchez! votre vue est très douce à nos yeux Et je salue en vous la volonté des cieux. Je n'osais, ma détresse alors était si grande. Espérer ce destin pour vous et pour Rolande; 11 me tarde que vous soyez mon autre enfant.
O vénérable roi, je me courbe devant
La blanche majesté de votre front, qui mêle
Tant de sagesse à tant de bonté paternelle.
Toutefois, si mon vœu hardi fut exaucé.
C'est qu'il était feivent et désintéressé,
C'est que je ne portais avec moi rien de sombre
Qui pût fausser mes pas et m'entraîner dans l'ombre.
J'ai voulu simplement, par un loyal effort.
Mettre fin au péril de vertige et de mort
Créé par la princesse en son erreur extrême,
Et, tous les cœurs sauvés, la sauver elle-même.
Ce résultat, je l'ai, grâce au ciel, obtenu.
Il me suffit. Pour cela seul j'étais venu.
Réclamer aujourd'hui quelque autre récompense
Serait, vous le voyez, trahir la Providence,
Déchoir, et provoquer le céleste courroux.
Sire, laissez-moi donc me séparer de vous,
Avec l'irréprochable et souveraine joie
D'avoir jusqu'à la fin suivi la bonne voie.
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FLORUS
Ce scrupule est-il fait pour être respecté? Vous trouvez au-dessous de votre dignité D'exiger rien, de rien solliciter, par crainte De tout ce qui pourrait sembler une contrainte; Mais ce que, déliés d'un strict engagement, Nous pouvons désormais vous offrir librement, Un motif reste-t-il encor qui vous commande De ne point l'accepter des lèvres de Rolande? Sur CCS Jcniicrs mois, il s'est tourné vers sa fille. ROLANDE, à Vivien .
J'ai prié pour vous, prince; et, du fond de mon cœur, Au ciel j'ai demandé que vous fussiez vainqueur; Maintenant je me vois si folle, si coupable. Si peu digne de vous, que le remords m'accable. Mais disposez de moi pour la peine ou l'honneur; Vous êtes à jamais mon maître, mon seigneur. Ma clarté; je n'ai plus de vouloir que le vôtre, Et je vous appartiens dans ce monde et dans l'autre.
Douloureuse princesse au touchant repentir. Et vous, grand roi, comment vous ferai-je sentir. Sans trop de liberté ni trop d'insuffisance. Mon très humble regret et ma reconnaissance? Il faut que je vous dise adieu.
NOÉLIE, à Vivien.
Non, prince, il faut Vous incliner devant un tel bienfait d'en haut.
Je suis ému de votre élan; j'en apprécie L'intention, Noël, et vous en remercie.
Mais plus un mot.
NOÉL lE.
Pourtant...
VIVIEN
Sur les livres divins, Noël, et sur l'honneur, vos efforts seraient vains.