ACTE V
Devant le Pont Croulant.
A droite, une estrade préparée pour le roi Florus et sa suite.
SCE'K.E T>%.E-MIETIE BARBAZE, JAPIOT, FOUqUETTE.
Pinces, Zab et Gordane?
FOUQUETTE.
Eux!
BARBAZE.
Oui. Flagrant délit.
Ils étaient dans le foin, là, comme dans leur lit. Si vous les aviez vus! Ça ne peut se décrire.
JAPIOT, riant avec Fotiquetle.
Bé!
Ne ris pas si fort. Sont-ils en train de rire. Nos malheureux seigneurs? Veux-tu qu'un curieux
1^2 THEATRE LÉGENDAi:\E
Puisse, en passant, nous voir manquer de sérieux, Quand la jeune princesse, à si peu de distance, Va désespérément risquer son existence?
FOUQUETTE.
Pauvre maîtresse!
Tout, dans le cas actuel, Me suffoque. Voilà l'humble écuyer Noël Qui disparait sous la duchesse Noélie.
Lorsqu'elle est revenue en dame, et si jolie. Non, je ne pouvais pas me fier à mes yeux.
JAPIOT.
Et Zab ! Narrez-nous donc son exploit un peu mieux.
BARBAZE.
Quel temps d'orage! Allons au frais, mauvaises pièces.
Es font quelques pas pour se vietlre à l'oinhre. Malgré moi, j'entendis, entre autres gentillesses, Que Fouquette acceptait ton galant rendez-vous, Japiot. Je courus avertir vos jaloux.
Puis j'apostai des gens, à l'heure où l'on constate, Pour vous cueillir en fleur d'une main délicate,
FOUQUETTE.
Monstre!
BARBAZE.
Gordane et Zab, eux alors, n'ont-ils pas Voulu, chacun pour soi, vous remplacer là-bas? Japiot et Fouquette se remettent à rire.
LIBRES CCEURS I 5- ^
JAPIOT.
Toujours les beaux esprits se rencontrent.
FOUQUETTE.
Quel rêve !
Et c'est eux qu'ont cueillis mes gens, en pleine sève.
Riant avec Japiol et Foiiquette, puis s'anélaiit brusquement . Mais comment s'étaient-ils, d'abord, défaits de vous?
FOUQUETTE.
Chez elle, pour m'apprendre un de ses plats aux choux,
Gordane m'attira. Ça cuit. J'expérimente.
Mais sans doute elle y met quelque drogue endormante,
Qui me plonge bientôt dans un sommeil de plomb.
Je dormis, je dormis, dormis. Ce fut si long,
Qu'au grand jour seulement je me suis réveillée;
Pensez combien j'étais ébaubie, effrayée.
Rentrée à la maison, pas de Zab ! J'ai cherché.
Zab avait disparu, Zab avait découché.
Tous trois sont repris d'un fou rire, qu'ils répriment à grand'peine.
Et toi, Japiot?
JAPIOT.
Bé ! notre homme dans sa cave M"a conduit, pour goûter un cru. J'y fus en brave. Délicieux, son vin! Et quels joyeux reflets! D'honneur, ma langue eh claque encore à mon palais. Il fait claquer sa langue.
FOUQU ETTE.
Oh ! l'ivrogne!
Si bien, que, de fil en aiguille.
Ce clairet innocent qui rit et qui babille, Finit par me troubler la tête. En un clin d'œil, Cette rosse de Zab alors gagne le seuil. La clé tourne. Cric! crac! je suis pris. Je fais rage. Personne! Je me sens à peine le courage De me payer, par ci, par là, deux ou trois coups; Et, vrai! le cœur déjà tout sens dessus dessous. Je craignais d'y crever comme une taupe aveugle, Quand Fouquette à la fin revient, m'entend qui beugle. Me délivre, m'embrasse, et caetera, mon bon!
// digue de l'œil et pince Barhaie, qui fait un saut, taudis que Fouquette proteste en haussant les épaules.
Au diable maintenant Gordane et le barbon! Bé!
Nouveaux rires.
FOUQUETTE, à Barbare.
Sont-ils en prison pour longtemps?
Non, j'espère.
J'ai demandé leur grâce, et le prince Lothai<"e Doit pour eux aujourd'hui faire lever l'écrou. Mais ce n'est pas fini. Zab en deviendra fou.
JAPIOT.
Ah!
LIBRESCLEURS l^')
FOUQU ETTE.
Comment?
BARBAZE.
Pris le doigt entre l'arbre et l'écorce!
FOUQUETTE.
J'oubliais. Vous avez raison. Double divorce.
BARBAZE.
Puis, noces de Gordane et Zab.
FOUQU ETTE.
Tant mieux pour eux!
Et double indemnité pour nous! C'est somptueux. Vive Barbaze!
Il ne peut s'empêcher de rire encore.
BARBAZE, à Japiot.
Paix! voici des gens. Sois grave.
Partons, Fouquette.
Fouquelte prend h Iras que lui offre Barbare.
JAPIOT.
Et moi !
BARBAZE.
Toi, retourne à la cave!
Barbare emmène Fouquelle; mais Japiot fait choir Barbare; et il reconquiert triomphalement Fouquelte, pendant que Barba:^e se relève et court après eux en maugréant.