‹ ThéâtreChapitre 249 sur 335 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DOBSAI seul, lisant la fin de sa lettro.

« De grâce, madame, ne détruisez pas un reste d'es- « pérance, et croyez à la pureté de mes sentiments ainsi « qu'à mon profond respect.

« Adolphe DE Brémont. »

C'est adroit de m'être donné ce faux nom de Brémont. Dois-je faire parvenir cette lettre? Y répondra-t-on? J'en doute : mettons toujours l'adresse, (ii éciii.) « A madame de Montalan, rue Chantereine. » Parbleu, je suis un grand étourdi ; j'ai une femme charmante que j'adore ; je trouve dans mon ménage le repos et la paix, et je vais peut-être sacrifier mon bonheur pour une intrigue dont le succès me paraît presque impossible D'un autre côté, après avoir fait les premiers pas, mon amour-propre est intéressé à réussir; cette madame de Montalan

342 LES DEUX MENAGES.

est si jolie! J'aperçois au spectacle une femme qui fait sur moi la plus vive impression : je la suis; j'apprends que c'est madame de Montalan, veuve d'un officier général. Je me présente chez elle sous le nom de Brémont. Je lui offre mes services pour je ne sais quelle liquidation qu'elle poursuit au ministère de la guerre. Elle me reçoit froidement; sa rigueur me fait perdre toute espérance. Je n'y pensais plus, lorsque je vais au salon, et le premier objet qui me frappe, c'est son portrait : cette vue renouvelle tous mes sentiments, et moi, qui me pique d'être le modèle de tous les maris, j'ai la faiblesse, ou plutôt l'indiscrétion d'en feiire faire une

copie, (il tire de sa poche un portefeuille dans lequel est un portrait.)

N'y a-tril pas de la fatalité dans mon aventure 1

SGÈNR II.

DORS AI, UN COMMIS, avec des papiers ik la main.

lE COMMIS.

Monsieur!

DORSAT, cachant précipitamment le portefeuille.

Eh bien, qu est-ce encore?

LB COMMIS

M. Desnoyers, ce gros parfumeur qui demeure à côté de Phôtel, voudrait emprunter mille écus pour subvenir aux frais de son procès en séparation contre sa femme.

DORSAL

Fi donc ! voudrais-je tremper dans un pareil scandale? Qui, moi, prêter à un mari pour qu'il plaide contre sa femme I

LE COMMIS

Mais, monsieur, c'est un homme très-solide!

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