‹ ThéâtreChapitre 26 sur 335 · SAINVILLE, MADAME DE MIRGOUR, MARIE · texte numérisé non relu

SAINVILLE, MADAME DE MIRGOUR, MARIE

MADAME DB MIRCOUR.

Ahl VOUS voilà, monsieur?

SAINVILLE

Oui, madame; c'est encore moi.

MADAME DB MIRCOUR.

Vous ne deviez plus revenir.

SAINVILLE

Ce n'est pas vous que je cherchais, madame; c^est monsieur votre oncle.

MADAME DE MIRGOUR.

Ah ! mon oncle ?

SAINVILLE

Oui, madame, votre oncle.

MADAME DE UIRCOUR.

Je vous en remercie pour lui ; mais savez-vous que ce que vous me dites n'est pas trop galtnt?

SAINVILLE

Gomme il paraît que mes visites n'ont pas le bonheur de vous plaire....

MADAME DB MIRGOUR.

Fort bien. Vous me boudez?

SAINVILLP.

J'aurais tort, peut-être?

MADAME DE MlRCOUR.

Non; car je suis plus franche que vous, moi. Osez me

dire que ce n*est pas pour moi que vous revenez, malgré vos sermenls.

SAIN VILLE

Je reviens... Eh bien, oui, madame, je reviens pour vous ; mais malgré moi, je vous en avertis.

MADAME DB MIRCOUR.

Et moi, je conviens que* j'ai été méchante, injuste. Écoutez, colonel; il faut être indulgent pour ses* amis. J'ai beaucoup de défauts, mais vous voyez au moins que je n'ai pas celui de l'obstination.

SAINVILLB, en lui baisant la main.

Charmante I Et moi, n'ai-je pas été presque aussi enfant que vous, de m'emporter?

MADAME DE MIRCOUR.

Oh ! il y avait sujet. Mais si je suis capricieuse, bizarre, inconséquente pour des bagatelles, je suis constante en amitié. Je brusque quelquefois mes amis ; je reviens à eux. Avez-vous les couplets que vous m^apportiez ce matin?

SAIN VILLE

Hélas! non. Tremblant d'être aussi mal reçu...

MADAME DB MIRCOUR.

Envoyez-les donc chercher bien vite. Mais vous avez des affaires avec mon oncle, je vous laisse ; nous nous reverrons : Songez que j'attends vos couplets. Viens, Marie, emporte cette cage ; il est charmant, ce petit serin; tu es une bonne fille, et le colonel est un fort honnête homme. (EHo sort avec Marie.)

SAIN VILLE

On n'est pas plus aimable que cette femme-là.

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