‹ ThéâtreChapitre 49 sur 335 · LOUISE, ROSE, ERNEST · texte numérisé non relu

LOUISE, ROSE, ERNEST

ERNEST

Un seul mot, mademoiselle.

Il ^

74 LA VIEILLK TANTE.

LOUISK.

Que me voulez- vous, monsieur? Je vous le répète, ce n'est qu'en présence de ma mère ou de ma tante que ie peux vous entendre.

ERNEST

Non, mademoiselle ; c'est à vous, à vous seule que je veux parler. Si vous saviez ce que j'ai souffert depuis l'indiscret aveu qui m'est échappé hier. Non, je ne verrai pas madame votre tante, je ne vous verrai plus, et je ne me suis hasardé à me présenter dans cette maison que pour vous dire un étemel adieu. Gardez-vous de croire que je démente les sentiments que j'ai osé vous avouer hier; mais je sais quelle grande fortune vous attend. Jusqu'ici j'étais loin de me plaindre de mon sort : j'avais trop peu d'ambition pour ne pas me croire assez riche.

ROSE

C'est-à-dire que monsieur se reconnaît trop peu fortuné pour prétendre à la main de mademoiselle. Et pourquoi donc vous déclarer hier? Pourquoi venir aujourd'hui?

ERNEST

Et sais-je ce que je fais, ce que je veux? Hier, je voulais me taire, et j'ai parlé; ce matin, je voulais prendre congé de mes parents, partir sans vous revoir... Mais il est une volonté qu'au moins je saurai accomplir, c'est celle de ne plus troubler votre repos, de m'arracher des lieux où j'ai eu le bonheur de vous voir. Dès demain, j'aurai quitté Paris.

ROSE

Ce sera très -bien fait. Nous avons fait une belle étourderie : il faut la réparer. Monsieur, nous sommes vos très-humbles servantes.

ERNEST

Adieu, mademoiselle; plaignez-moi...»

ACTK I, SCKNE XV. 75.

ROSE

Oui, oui, monsieur, nous vous plaignons; mais sortez. Giell on vient : c'est M. Dorigny.

BRNEST.

Dorigny, dites-vous?

LOUISE

Ahl mon Dieu!

ROSE

Dites que vous êtes le maître de dessin.

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