ACTE III, SCÈNE VIII
MADA.ME SINCLAIR.
Il est là? Eh bien, qu'il vienne.
DORIGNY
Qu'il vienne! Eh quoi ! quand votre famille est rassemblée !... Mais il y a de la cruauté.
MADAME SINCLAIR
Oh oui ! je suis bien méchante. Rose, fais entrer.
ROSE
Entrez, entrez, monsieur.
Ah ! mon Dieu I
ERNEST, entrant.
Madame, j'ai l'honneur,... ciel ! Louise et tous ses parents !
MADAME SINCLAIR
Bonjour, bonjour, monsieur.
MADAME SAINT-LAURENT
Qu'est-ce que c'e.st que ce jeune homme?
MADAME SINCLAIR
M. Ernest, fils de M. Dorigny.
FAINT-LAURENT
Ah ! monsieur est fils de monsieur ?
MADAME SINCLAIR
Un jeune homme fort intéressant, rempli de talents, un peintre.
BARDOLIX.
Ah I monsieur est peintre?
ANATOLE, h son père.
Regardez-donc comme îl roupt et comme il pâlit : il a l'air malade.
Je suis bien fâchée de n'avoir pu me rendre hier à la promenade où j'ai eu plusieurs fois le plaisir de vous rencontrer ; mais vous y avez vu ma petite-nièce.
MADAME SAINT-LAURENT
Ma fille connaît monsieur ?
MADAME SINCLAIR
Et moi aussi je le connais.
BARDOLIN.
Eh mais , ma chère tante, qu'est-ce que cela veut dire?
MADAME SINCLAIR
Vous allez le savoir. Mes chers parents, vous m'avez déclaré que vous regardiez mon consentement comme nécessaire au mariage de ma petite-nièce. J'ai de la répugnance à prendre sur vous une pareille autorité ; mais voulez-vous suivre mes conseils? La franche amitié que Louise porte à son cousin suffirait pour qu'ils fussent heureux en ménage si son cœur était libre, mais s'il se trouvait qu'elle eût un commencement d'amour pour un autre....
ATATOLE.
Pour un autre, ma cousine I
MADAME SINCLAIR
Laissez-moi parler. Que mon petit-neveu se conduise bien ; et, quand il se mariera, je le dédommagerai du chagrin que je lui cause aujourd'hui. Car je vous engage à ne pas lui donner Louise; et je crois que le caractère, l'esprit et les talents du jeune homme qu'elle prélère doivent vous convenir comme à moi.
Ah I comme c'est traître I